Extraits des Echos -

Les moteurs thermiques représentent 50.000 emplois en France selon la PFA.

Les dés sont jetés. La Commission Européenne devrait proposer, ce mercredi 14 juillet, l'interdiction des moteurs thermiques à partir de 2035 . Et la France s'alignera vraisemblablement sur cette date, anticipant de cinq ans l'échéance de 2040 aujourd'hui inscrite dans la loi.

Accélération incroyable

Une réunion doit se tenir, ce lundi 12 juillet à l'Elysée avec les acteurs de la filière automobile, au cours de laquelle ces derniers comptent alerter, une fois de plus, les pouvoirs publics sur les risques de ce virage radical. « La survie de notre industrie est en jeu », insiste Luc Chatel, le président de la Plateforme automobile (PFA) qui représente les acteurs de la filière.

« Nous assistons à une accélération incroyable des réglementations, qui va se traduire par une solution unique, l'électrique à batterie, tirant un trait sur cent ans d'innovation et sur un véritable avantage concurrentiel par rapport aux acteurs chinois », poursuit-il. Les représentants de la filière vont solliciter un soutien étatique de 17,5 milliards d'euros pour pouvoir réussir leur transition, dans les batteries, les bornes de recharge, les aides aux PME.

100.000 emplois menacés

Le diable est dans les détails. Car la Commission européenne ne prévoit pas d'interdire purement et simplement les moteurs à combustion, mais plutôt de n'autoriser qu'un certain niveau d'émission de CO2, que seuls les moteurs électriques pourraient respecter. Or le niveau du seuil autorisé sera crucial.

Automobile : les constructeurs se résignent à la fin accélérée des moteurs thermiques

« Les constructeurs sont des mastodontes dotés d'une certaine capacité d'adaptation, ils ont d'ailleurs déjà largement anticipé ce virage . Mais les sous-traitants auront beaucoup plus de mal, avance Luc Chatel, qui appelle à un accompagnement public des 4.000 PME du secteur.

Casus belli

Au-delà de l'affichage politique, la question des hybrides est donc un enjeu crucial des négociations en cours. Elle risque toutefois de ne pas être tranchée dans l'immédiat. Une fois formulée, le 14 juillet, la proposition de la Commission européenne devra être entérinée par le Parlement et les Etats, ce qui prendra encore de longs mois.

Pour les industriels, il ne s'agira en outre que de l'une des batailles à mener, puisque, parallèlement, l'Europe s'apprête à mettre en place de nouvelles normes Euro 7 - qui risquent elles aussi de signer la mort des moteurs thermiques.