Le Monde avec AFP

Ce prêt bénéficiera aux filiales de la société Alvance, propriété d’un magnat indo-britannique : Alvance Poitou Fonte, Alvance Aluminium Poitou et Alvance Aluminium Wheels.

L’Etat a octroyé un prêt de 10 millions d’euros à la société Alvance, propriété du magnat indo-britannique de l’acier Sanjeev Gupta, afin d’éviter la liquidation judiciaire de trois fonderies françaises, alors que le secteur se trouve dans la tourmente, a fait savoir lundi 3 mai le ministère de l’économie.

Ce prêt bénéficiera à deux filiales de cette société sises à Ingrandes, près de Châtellerault : Alvance Poitou Fonte, à hauteur de 3,3 millions d’euros, et Alvance Aluminium Poitou, à hauteur de 3,6 millions d’euros ; ainsi qu’à une troisième, Alvance Aluminium Wheels, établie à Diors, près de Châteauroux, à hauteur de 3,1 millions d’euros, précise le ministère dans un communiqué.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les déboires de Greensill fragilisent Gupta, « colosse aux pieds d’argile » très présent dans la sidérurgie française Ces trois équipementiers automobiles de la Vienne et de l’Indre, totalisant quelque 850 salariés, ont été placés le 20 avril en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris. Ce sont les premières sociétés du groupe de Sanjeev Gupta à avoir déposé le bilan depuis la chute de la société financière britannique Greensill, à laquelle le conglomérat doit des milliards d’euros.

Ce prêt est versé au titre du programme du fonds de développement économique et social (FDES), selon un arrêté publié dimanche au Journal officiel. Il permet d’« éviter la liquidation judiciaire immédiate des sociétés » et de « financer une période d’observation de trois mois pour réaliser une recherche de repreneurs », selon le ministère.

Cinquante millions d’euros pour la reconversion des salariés

Le 20 mars, l’Etat était déjà intervenu pour sauver un autre actif français de Sanjeev Gupta. Il avait débloqué un prêt de 20 millions d’euros pour l’aciérie Ascoval (sise à Saint-Sauve, dans le Nord), du groupe Liberty Steel, également filiale de GFG Alliance, « pour payer les salaires, la fourniture nécessaire pour faire tourner l’usine et garantir qu’il n’y ait pas de rupture d’activité », promettant aux salariés de ne « jamais les laisser tomber ».

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Dans leur communiqué, le ministre de l’économie, de la finance et de la relance, Bruno Le Maire, et la ministre déléguée chargée de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher se disent « pleinement mobilisés pour accompagner la recherche de repreneurs et mettre en œuvre les mesures du plan d’actions pour la fonderie automobile ». Un plan critiqué par les salariés, qui ne l’estiment pas assez ambitieux alors que plusieurs fonderies françaises sont actuellement en grande difficulté. A Caudan, dans le Morbihan, pour protester contre la décision de Renault de mettre en vente la Fonderie de Bretagne, les salariés occupent ainsi leur usine depuis une semaine.

Ce « plan d’actions » comprend notamment un fonds exceptionnel de 50 millions d’euros pour la reconversion des salariés et des mesures d’accompagnement des fonderies vers la diversification de leur activité. En effet, la fabrication de pièces pour moteurs diesel et thermiques est une activité considérée comme condamnée à court ou moyen terme, la fin de la vente des moteurs thermiques ayant été votée en France pour 2040.