Le Caire défend l'idée d'une telle indemnisation depuis que le porte-conteneurs a été dégagé. En fin de semaine dernière, interrogé sur une autre chaîne de télévision locale, Osama Rabie l'avait déjà évoqué, juste après que le navire, avec à son bord pour 3,5 milliards de dollars de marchandises , a été remis à flot.

Il chiffrait alors l'indemnisation pour les pertes et dommages causés par le navire à « plus d'un milliard de dollars ». Une somme qui, selon lui ne couvrait pas seulement les pertes financières liées à l'arrêt du trafic maritimes, mais aussi les dépenses engagées pour le renflouement (dragage, remorqueurs, …) et celles pour remettre en état la zone. « C'est notre droit et nous n'y renoncerons pas », avait-il encore lancé.

Visiblement, l'Egypte ne souhaite pas attendre et préfère mettre la pression afin de trouver un accord amiable, plutôt que d'aller devant un tribunal. Et pour cause, le processus d'indemnisation des différentes parties impliquées dans cet accident risque de prendre du temps, car il va falloir évaluer la légitimité des nombreuses demandes d'indemnisation qui vont affluer, notamment celles des expéditeurs qui ont vu leurs marchandises bloquées pendant six jours.

L'« Ever Given » ayant une capacité de 20.000 conteneurs, il va falloir identifier les propriétaires des marchandises, sachant que certains conteneurs pouvaient transporter celles de multiples expéditeurs. Les expertises risquent donc de prendre de nombreuses semaines avant d'aboutir.

En attendant, le retour à la normale sur le canal de Suez continue. Alors que 422 navires avaient été bloqués par l'échouage de l'« Ever Given », 84 navires ont emprunté la voie navigable jeudi. Soit à peu de chose près le nombre habituel de bateaux qui utilisent quotidiennement le canal.