L’unique offre de reprise, est donc celle de l’actionnaire italien de MBF. Il a bien déposé un plan de continuité et s’engage à reprendre 202 des 260 salariés. “Notre étonnement c’est d’avoir aujourd’hui, une seule offre de reprise, tout en sachant qu’on nous avait garanti que Renault, PSA et l’Etat soutiendraient MBF à travers d’autres éventuels repreneurs… après 5 mois de redressement judiciaire, il n’y a toujours pas d’offre d’un autre industriel, cela peut poser quand même la question, est ce ce que les constructeurs français veulent soutenir l’activité de MBF” s’interroge Nael Yalcin, délégué CGT.

Renault, PSA, principaux clients de la fonderie

La fonderie MBF travaille pour l’industrie automobile. Elle produit des carters d’embrayage pour Renault et PSA. La fonderie est en difficulté fragilisée notamment par la baisse du carnet de commandes de Renault. Entre 2017 et 2019, elle a investi 14 millions d’euros pour moderniser l’outil de production et produire les carters d’embrayage des véhicules hybrides de Renault. Le diesel gate, la baisse des ventes de véhicules neufs, la crise du covid sont passés par là. Le constructeur français Renault, qui devait commander 350.000 pièces par an, a revu ses commandes à la baisse avec 130.000 pièces seulement par an. “Pour nous, c’étaient des énormes perspectives d’avenir, 14 millions d’euros de chiffres d'affaires annuels, et aujourd’hui on va en faire 5 millions par an” déplorait début février au micro de France 2 Adeline Munarolo, directrice du site MBF. La direction de MBF avait pointé du doigt le désengagement des donneurs d’ordre français.

“Les pouvoirs publics nous ont dit que le jour où l’on tomberait en redressement judiciaire, il y aurait déjà une solution, et que ce serait un redressement court et facile à gérer. C’est complètement l'inverse qui s’est passé. Et on a un peu un sentiment d’abandon. On a d’un côté les constructeurs et tout le monde qui nous tape dessus, mais en même temps, on se rend compte qu’on est la seule solution” réagit ce 30 mars devant l'usine Adeline Munarolo. “Malgré tous les coups qu’on prend de la part des constructeurs et de certaines personnes, on propose un plan parce qu'il faut vraiment sauver l’usine et le savoir-faire” ajoute la directrice.

Le tribunal de commerce de Dijon examinera ce 31 mars l’offre déposée par l’actionnaire. Selon le Progrès (article payant), les constructeurs Renault et PSA ne souhaiteraient pas vouloir continuer à travailler avec l’actionnaire actuel pour de nouvelles commandes.