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Les employés de MBF espèrent toujours sauver leur emploi. - Photo : Anthony Georges

Placée en redressement judiciaire depuis le 4 novembre dernier, la fonderie sanclaudienne a vu sa situation financière validée par le tribunal de commerce de Dijon le 20 janvier dernier. Si une prochaine audience aura lieu au mois de mars prochain, l'administrateur judiciaire souhaite avoir sur sa table des offres de reprises au plus tard le 9 février. Initialement attendus lors de l'audience du 20 janvier, les potentiels repreneurs se voient donc accorder un délai supplémentaire pour finaliser leur dossier.

Quatre industriels ont visité l'entreprise

Si, à l'heure actuelle, aucune offre de reprise n'a encore été formulée, deux lettres d'intention ont été déposées.

La première en provenance du groupe américain Sekco, qui ne conserverait que 167 salariés sur les 266 actuellement en poste à la fonderie. Il est peu probable que cela ravisse l'équipe actuelle de MBF, qui manifestait le 15 octobre dernier avec pour mot d'ordre de sauver l'intégralité des emplois.

La seconde lettre d'intention provient d'un concurrent direct, en l'occurrence le français GMD. Ce groupe n'est pas inconnu des suiveurs de l'affaire MBF, puisqu'il est l'un des " champions hexagonaux " autour duquel le gouvernement souhaite se recentrer.

Propriétaire de la fonderie depuis 2012, la holding CMV n'a pas dit son dernier mot et compte profiter du délai accordé par l'administrateur judiciaire pour peaufiner son plan de continuation. Des jours supplémentaires, que les dirigeants mettent également à profit pour rechercher des soutiens financiers, en France comme à l'étranger - et notamment au Moyen-Orient -.

L'un des enjeux majeurs de la reprise de MBF sera le critère social, dans une région déjà peu épargnée par le chômage. D'autant plus que, selon Adeline Munarolo, la directrice générale de MBF, la fonderie ne peut pas tourner avec une suppression de la moitié du personnel. La situation du principal employeur privé du Haut-Jura s'est dégradée ces dernières années, et son chiffre d'affaires 2020 ne s'élevait qu'à 30 millions d'euros, contre 36,5 l'année précédente. La faute, selon la direction actuelle, à l'État français et à Renault, accusés de ne pas avoir tenu leur engagement de commandes. La faute également au diesel gate, qui a repoussé de plus d'un an le véritable lancement du marché des véhicules hybrides.

Des accrocs qui ont entraîné une hausse importante des dettes de la fonderie, dont l'avenir est aujourd'hui toujours en suspens.