On met volontiers en accusation l'obésité de l'Etat. Pour les trois fonctions publiques les effectifs se montent à 5.450.000 personnes.

Les dépenses sociales nous sommes conduits à estimer que nos dépenses sociales sont supérieures de 26 % par rapport à ce qu'elles devraient être, selon les comparaisons internationales.

A quoi cela est-il dû ? La cause tient au fait que notre secteur industriel s'est considérablement affaissé, ne représentant plus aujourd'hui que 10 % du PIB, alors que la norme européenne est à 20 %. L'Etat et les syndicats ont donc progressivement été conduits à mettre en place des mécanismes divers et très sophistiqués pour venir en aide aux populations. Les dépenses sociales représentaient seulement 16 % du PIB en 1960 : on est, à présent, à 36 % du PIB.

Ces dépenses sont indispensables pour maintenir à son niveau actuel le standard de vie des différentes catégories de citoyens. Tailler dans ces dépenses est donc extrêmement difficile, voire impossible sur le plan politique.

La France est le pays, en Europe, où le taux de participation de l'industrie au PIB est le plus bas, et où, simultanément, les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires sont les plus élevés par rapport au PIB. Il ne s'agit pas, là, d'une simple coïncidence.

Ainsi, grâce à ce taux exceptionnellement élevé de dépenses sociales, le taux de pauvreté se maintient-il à un niveau raisonnable : 14 % selon la médiane à 60 %. Et l'Insee nous dit dans sa dernière publication que « sans le système de protection sociale le taux de pauvreté serait de 22 % ».

Une tâche est extrêmement rude Les dépenses sociales permettent de gommer les effets dévastateurs de la désindustrialisation du pays. Les réduire est extrêmement difficile, pour deux raisons : cela porterait très fortement atteinte au niveau de vie des Français, et, par ailleurs, la croissance du PIB s'en trouverait affectée.

Cependant, deux problèmes se posent pour maintenir ces dépenses à leur niveau actuel : nous sommes, à présent, en butée en matière d'endettement extérieur, et il faut par ailleurs réduire très fortement les charges fiscales qui pèsent sur les entreprises afin qu'elles soient compétitives et que notre économie puisse redémarrer.



Les mesures à prendre ne vont pas être populaires, et déjà notre Président se trouve avoir dans les sondages une cote de popularité bien basse. Claude Sicard est économiste industriel.