La décision doit être prise aujourd’hui, après un comité exécutif de PSA. De sources concordantes, la direction du constructeur automobile devrait acter l’attribution d’une ligne de production de 200.000 moteurs EB Turbo essence au site de Tremery, en Moselle. Une officialisation devrait être faite vendredi, avec la venue, sous réserve, de François Hollande sur le site.

Actuellement produit à la Française de Mécanique, à Douvrin (Nord), ce bloc de trois cylindres équipe les segments B et C du groupe (308, 208, C4, DS3...) et voit ses volumes s’accroître au fur et à mesure de son extension dans les gammes. La production sur le site mosellan, qui devrait débuter en 2018, sera accompagnée d’un volet d’investissement.

C’est une bonne nouvelle pour le site mosellan, qui emploie 3.400 salariés. Celui-ci avait été en effet mis en compétition avec l’usine espagnole de Vigo de PSA, qui n’assemble pas aujourd’hui de moteurs, mais qui présente un environnement économique attractif, avec des faibles coûts salariaux et le soutien des pouvoirs publics locaux. Une telle alternative aurait été une première, tant PSA a toujours produit ses moteurs destinés au marché européen dans l’Hexagone. Une recherche de compétitivité sans tabou, impulsée par Carlos Tavares, le nouveau patron de PSA, qui fait de la réduction des coûts le pivot du redressement du groupe. Mise en concurrence

Depuis l’officialisation de cette mise en concurrence en fin d’année dernière, les salariés de l’usine française s’étaient fortement mobilisés pour défendre leur site devant les élus locaux. Le 19 mars dernier, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron avait reçu les représentants des salariés, et avait jugé le site mosellan « tout à fait compétitif ». Un soutien de poids alors que l’Etat français est premier actionnaire du groupe (14,1 %), à parité avec la famille Peugeot et le constructeur chinois Dongfeng. Une autre délégation de syndicats doit d’ailleurs être reçue aujourd’hui par le Premier ministre Manuel Valls.

Au final, cette attribution permet de soutenir l’avenir du site de Tremery. Spécialisé sur le diesel, celui-ci était sous la menace, à terme, de baisse des ventes de véhicules intégrant cette technologie. En février, le diesel n’a pesé que 58,65 % des ventes de voitures neuves en France, contre plus de 70 % il y a quelques années encore. Un bol d’oxygène, qui soulève toutefois chez certains syndicats des interrogations, persuadés que cette mise en concurrence avec l’Espagne était avant tout destinée à obtenir de la France de meilleures conditions économiques.