Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le 3 juillet à Paris. (Photo Fred Dufour. AFP) Libération - par AFP voir aussi L' Expansion, L'Usine Nouvelle, Boursorama sur ce sujet

En visite à Dreux dans une usine dont le patron a ramené l'activité en France après huit ans de délocalisation en Chine, le ministre du Redressement productif a appelé «tous les entrepreneurs de France» à prendre exemple. coulee_n_1.jpg Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a appelé mardi les entrepreneurs français à relocaliser leurs entreprises en France, lors d’une visite d’une fonderie à Dreux, dans l'Eure-et-Loir, dont le patron a abandonné la production en Chine pour rouvrir un site de production en France.

«Le président Barack Obama a lancé le slogan "Let’s bring our jobs back home" (ramenons nos emplois à la maison). La France aussi doit ramener ses emplois à la maison», a déclaré Arnaud Montebourg. «La France est capable de relocaliser beaucoup de ses activités. Il y a eu des vagues de délocalisations qui ont désindustrialisé la France, c’est le moment de réindustrialiser», a affirmé le ministre. L’entreprise Loiselet, créée au XIXe siècle par l’arrière-grand-père de l’actuel patron avait quitté la France en 2003 pour des raisons environnementales et économiques. Elle a relocalisé en 2011 après avoir investi 12 millions d’euros.

«Nous avons la démonstration qu’ici, l’entreprise Loiselet a investi dans des machines outils de très haute performance, exporte et prend des parts de marché hors de France et hors d’Europe, parce qu’elle est positionnée à des prix bien meilleurs et avec une meilleure qualité que ce qui se produit en Chine. J’invite tous les entrepreneurs de France à visiter la fonderie Loiselet à Dreux pour qu’ils prennent exemple», a lancé Montebourg.

«En Chine, cinquante personnes produisaient 1 000 pièces, aujourd’hui, quatre personnes produisent 2 000 pièces de très haute qualité», a expliqué le patron de la fonderie, Sylvain Loiselet. Onze personnes travaillaient dans l’entreprise Loiselet en 2011. Elles sont aujourd’hui 94. «Nous serons 120 au premier trimestre de 2014», a-t-il annoncé.

Conscient de la difficulté pour les entreprises d’accéder à des prêts, le ministre a vanté la banque publique d’investissement. «On a créé la banque publique d’investissement pour financer ce que les banquiers assis dans leur fauteuil bien au chaud (comme ici ?) fauteuil223.JPG ne veulent pas faire. Nous avons participé au financement des investissements. L’État est devenu actionnaire d’une partie à travers le fond stratégique d’investissement», a affirmé Arnaud Montebourg. «Reconquérir l’industrie de la fonte est stratégique parce que ce travail là est en amont de toutes les filières et il faut les maîtriser», a-t-il poursuivi.

En 2010, l’ancien ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, et actuel maire (UMP) de Nice avait attribué une première aide publique remboursable de 6,48 millions d’euros à la fonderie Loiselet pour l’aider à relocaliser en France une partie de sa production, et à créer une centaine d’emploi en trois ans.