Par Maxime Amiot - Les Echos.

Le sort de l’usine Saint-Jean de Maurienne (Savoie) et du site de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), ex-propriétés de Pechiney actuellement détenue par Rio Tinto, entre dans sa dernière ligne droite. « Je ne peux pas donner de terme pour l’instant. On espère cette semaine », a indiqué ce mardi le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Le montage fait en ce moment l’objet des derniers ajustements.

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L’offre de reprise sera portée par le groupe allemand Trimet, le français EDF, mais pourrait aussi intégrer le Fonds stratégique d’investissement (FSI). Dans le détail, Rio Tinto serait d’abord prêt à verser une soulte de plus de 100 millions d’euros à Trimet pour se débarrasser de l’usine. L’industriel germanique deviendra ainsi actionnaire principal de la nouvelle structure, avec 60 % des parts. Et devrait aussi bénéficier d’un contrat lui garantissant la fourniture d’alumine, avec un prix et une durée précise. Il serait rejoint au capital par EDF , dont la participation dans la nouvelle société est en bonne voie . Cette prise de participation se ferait via un paiement en actions, contrepartie d’un contrat d’approvisionnement en électricité compétitif que l’énergéticien consentirait à l’usine. En jeu : 510 emplois directs 2.000 auprès des sous-traitants

Dernier acteur en piste possible, le FSI, qui pourrait entrer à hauteur de 5 % au capital du groupe. Une réunion s’est tenue ce mardi au sein du bras armé de l’Etat. Deux éléments rendent sa participation encore incertaine. D’abord la position de Trimet, qui n’est pas forcément désireux de cohabiter avec lui. Mais aussi la valorisation exacte de sa participation. « Dans ce montage, le FSI serait le seul à apporter du cash, il ne faudrait pas que ce soit perçu par Bruxelles comme une aide d’Etat », glisse une source proche du dossier.

Au global, l’enjeu est à la fois social (510 emplois directs sont en jeu et près de 2.000 auprès des sous-traitants, dans une vallée très dépendante de la métallurgie) mais aussi politique. Après « l’épisode » Florange, qui avait vu le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et Arnaud Montebourg s’affronter publiquement, les deux hommes prévoient, en cas d’accord, de se rendre ensemble sur le site ce week-end.

Pour mieux comprendre le dossier, consulter notre CHRONOLOGIE ANIMEE L’histoire mouvementée de l’usine de Saint-Jean de Maurienne

Écrit par Maxime AMIOT-Journaliste - mamiot@lesechos.fr