LES ECHOS

Les salariés du Centre technique des industries de la fonderie (CITF) basé à Sèvres (Hauts-de-Seine) intentent une action en justice à l'encontre de leur direction pour « dénoncer le délit d'entrave subi dans le cadre de la fusion avec le Cetim (Centre Technique des Industries mécaniques) ». Les représentants du Comité social et économique soutiennent que la relocalisation du site de Sèvres permettra au Cetim de s'approprier, via la réunion des deux structures, l'actif immobilier du CTIF dont la valeur foncière est estimée à 22 millions d'euros. Les représentants du Comité social et économique soutiennent que la relocalisation du site de Sèvres permettra au Cetim de s'approprier, via la réunion des deux structures, l'actif immobilier du CTIF dont la valeur foncière est estimée à 22 millions d'euros. (Shutterstock) Par Catherine Bocquet

Le ton monte entre les salariés du CTIF, centre technique industriel de référence en fonderie et en métallurgie en France, installé à Sèvres, et leur direction après la décision, en octobre dernier, d'une fusion avec le Cetim (centre technique des industries mécaniques) basé à Senlis (Oise).

Les représentants des salariés dénoncent un délit d'entrave au motif, notamment, que la consultation sur cette décision n'a pas été réalisée en bonne et due forme. « Depuis le début des négociations, le dialogue est impossible avec les directions du CTIF et du Cetim qui multiplient les manoeuvres opaques et grossières. Nous nous saisissons de la justice pour faire entendre nos voix et pour préserver nos emplois et notre savoir-faire unique », expliquent-ils.

« Plan social déguisé » Et, s'ils ne contestent pas la nécessité d'un rapprochement entre les structures, dédiées toutes deux à soutenir les industriels de la fonderie, - « nous n'avons aucune opposition à ce que la fusion se fasse » -, ils décrient « la manière de procéder, pour mener une restructuration optimisant le fonctionnement au détriment de la conservation des compétences ». Leur crainte : que cette fusion ne soit en réalité un plan social déguisé mettant en danger entre 80 et 90 emplois et « menaçant notre outil industriel, dont dépend tout un écosystème économique ».

CTIF et Cetim, deux structures proches

Créé il y a 70 ans, le CTIF possède le statut juridique des centres techniques industriels (CTI) et est placé sous la tutelle de l'Etat, qui lui verse des subventions. Il a une double vocation : d'une part mettre en place des actions mutualisées au profit des industries de la fonderie et de l'autre, vendre des prestations de services aux entreprises dans le domaine de la métallurgie et de la transformation des métaux. Il est présidé par Nicolas Grosdidier président du directoire de La Fonte Ardennaise.

 Le Cetim est un organisme de droit privé, régi par la convention de la métallurgie, dont la mission est 
 d'intérêt public. Il est placé sous la tutelle du ministère de l'Industrie et de la fédération professionnelle des 
 Industries mécaniques. Il veut « promouvoir le progrès des techniques, participer à l'amélioration du 
 rendement et à la garantie de qualité dans l'industrie ». Il existe une quinzaine de Cetim en France.

Les représentants du Comité social et économique (CSE) soutiennent également que la relocalisation du site de Sèvres permettra au Cetim de s'approprier, via la réunion des deux structures, l'actif immobilier du CTIF dont la valeur foncière est estimée à 22 millions d'euros.

Départ de l'Ile-de-France Cette fusion s'accompagnerait en effet d'un départ du 44 avenue de la Division Leclerc, à Sèvres (Hauts-de-Seine) et même de l'Ile de France. Dans ce cas de figure, affirme le CSE, 86 % du personnel, composé de techniciens, d'administratifs et d'ingénieurs, ne suivrait pas. « Dans les accords validés, rien ne prévoit de licenciements » répond le Cetim. Rien n'est acté non plus sur un déménagement puisqu'une instruction est en cours ». Ce départ de Sèvres serait, selon la direction, quoi qu'il en soit, justifié par « des locaux actuels vieillissants et par le fait que les activités de fonderie soient peu présentes en Ile-de-France. Si l'on regarde l'implantation des PME intervenant dans cette activité industrielle, un croissant se dessine, qui va du Nord à l'Est. »

La Région du Grand Est, où sont installés une grande majorité des entreprises du secteur, serait a priori (selon le CSE) la destination choisie pour une nouvelle implantation. Les salariés du CTIF ne veulent pas l'envisager.

L'audience pour la plainte au civil, déposée par le CSE du CTIF, représenté par son avocat, maître Hollande, se tiendra ce mercredi 7 décembre (aujourd'hui). La décision pourrait être rendue dans les 15 jours suivants.