France Bleu Orléans

C'est un coup dur pour le bassin industriel orléanais. La SIFA, la fonderie de la zone des Montées, va déposer le bilan ce mercredi devant le tribunal de commerce d'Orléans. Le sous-traitant automobile, qui compte 78 salariés, ne s'est pas remis de la crise sanitaire. Sifa Technologies, la fonderie de la zone des Montées à Orléans, est de nouveau en proie à d'importantes difficultés financières. La semaine dernière, les dirigeants ont pris contact avec le tribunal de commerce d'Orléans pour entamer la procédure de cessation de paiement. Une audience est prévue ce mercredi midi en vue du dépôt de bilan. L'avenir de 78 salariés est en jeu, la plupart ont 20 ans d'ancienneté.

Un marché du diesel en fin de cycle

Ces difficultés ne semblent pas liées à la crise énergétique actuelle, mais plutôt à celle du Covid.

La crise sanitaire avait fait plonger de 60% le chiffre d'affaires de la Sifa en 2020. L'entreprise espérait rebondir, après avoir perçu 800.000 euros de l'Etat au titre du plan de relance de la filière automobile, et en conquérant de nouveaux marchés. Car depuis les années 80, la fonderie orléanaise est spécialisée dans les pièces aluminium pour les moteurs diesel de Renault-Nissan (carters, culasses, pièces de freinage), un marché voué à disparaître. L'horizon de Sifa Technologies semble bien assombri

D'où la volonté de se diversifier en se lançant dans l'électrique. C'est ce qu'avait indiqué Patrick Bellity, le président de Sifa Technologies, lors de la venue du ministre Oliver Dussopt (alors en charge des Comptes publics) sur le site de la fonderie, le 28 avril 2021. Un contrat a bien été signé pour fabriquer des pièces pour des moteurs électriques avec BMW mais il n'a pas été renouvelé.

Le projet d'un système de freinage innovant permettant de réduire les émissions de particules fines, conçu en partenariat avec une start-up, n'a finalement pas vu le jour. Un PGE non remboursé

La Sifa se retrouve donc avec un carnet de commandes de moins en moins épais, et avec sur le dos un PGE, un prêt garanti par l'Etat, souscrit pour passer la crise sanitaire - selon nos informations, plus de deux millions d'euros qui n'ont pas été remboursés. En interne, les salariés se disent très pessimistes sur l'issue de la procédure enclenchée devant le tribunal de commerce - même si la fonderie, créée en 1936, est une entreprise historique à Orléans.

En 2016, la fonderie orléanaise avait déjà été placée en redressement judiciaire, et à l'époque un repreneur avait été trouvé : le groupe Alty Industry, l'actuel propriétaire, succédait au groupe Arche qui avait été démantelé. Au passage, les salariés avaient renoncé aux 35 heures dans le cadre d'un accord de compétitivité.

En septembre 2021, le groupe Alty avait échoué à reprendre la fonderie de Decazeville, dans l'Aveyron, qui depuis, a mis la clé sous la porte.