les entreprises demandent l'aide de l'Etat

LES ECHOS -

Incapables d'encaisser la flambée des prix de l'énergie beaucoup d'entreprises songent à imposer des hausses de prix à leurs clients, voire à cesser ou réduire leurs activités. *Le spécialiste du verre Duralex a mis en pause sa production cet hiver.

Le spécialiste du verre Duralex a mis en pause sa production cet hiver.

« La bombe est devant nous, la situation est complètement intenable »,

Une situation explosive « Nous sommes énormément sollicités par des patrons qui doivent renouveler leurs contrats de fourniture dans les six mois à venir et qui ne savent pas quoi faire. Certains peuvent répercuter en partie la hausse des prix de l'énergie à leurs clients, mais d'autres ne peuvent pas et risquent de mettre en péril leur activité », indique Julien Teddé, fondateur du courtier Opéra Energie.

«  les grandes entreprises achètent leur énergie par tranche au fur à mesure de l'année, de sorte qu'à ce stade de l'année leurs consommations ne sont couvertes en moyenne qu'à hauteur de 30 à 70 % »,

Or face aux tarifs extrêmement élevés que leur proposent leurs fournisseurs, les entreprises ont très peu de marges de manoeuvre. « Aucun fournisseur ne nous fait d'offre au-delà de 2025 »,

Une concurrence absente Faire jouer la concurrence est également devenu quasiment impossible. Face aux risques croissant d'impayés et dans un contexte de fortes volatilités des marchés, les fournisseurs se montrent extrêmement prudents pour s'engager sur des prix de vente.

« Nous travaillons avec vingt-cinq fournisseurs mais cette semaine seuls deux acceptent de faire des offres », . A tel point que certaines PME au bilan jugé pas assez solide ne trouvent pas de fournisseur qui accepte de les approvisionner en énergie pour l'année 2023.

Aussi, dans certaines industries où le prix de l'énergie est déterminant sur la valeur du produit fini, certains n'hésitent plus à mettre à l'arrêt leur outil de production. Jeudi, le verrier Duralex a ainsi annoncé mettre en pause sa production pour au moins quatre mois, à partir de novembre en mettant ses salariés au chômage partiel. La consommation de gaz industriel aurait déjà baissé de 15 % ces derniers mois en France, compte tenu des hausses de prix.

Ces sujets sont sur la table à Paris comme à Bruxelles mais ils sont loin de faire consensus.