LA NOUVELLE REPUBLIQUE -

Dix mois après la fin de la Fonderie du Poitou Fonte, 48 des 248 salariés engagés dans le contrat de sécurisation professionnelle ont décroché un CDI.

 Pour Alain Delaveau, le bilan du reclassement, dix mois après la fin de l’usine, est très mitigé.

Le 31 juillet 2021, la Fonderie du Poitou Fonte, à Ingrandes, était liquidée, laissant 283 personnes sur le carreau. 248 d’entre elles (1) avaient alors signé un Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) de douze mois.

À deux mois du terme de ce dispositif de reclassement décidé par l’État pour la filière automobile, « 48 salariés ont retrouvé un CDI ». Soit à peine 20 % du total.

« Beaucoup plus compliqué pour les ouvriers de production »

« Cela concerne surtout des cadres de direction et de production, des ouvriers de maintenance… En somme, des responsables et/ou qui avaient un métier, des diplômes, éclaire-t-il. Ils ne sont que six ouvriers de production dans ce cas (pour 80 % de l’effectif). C’est beaucoup plus compliqué pour eux. »

Selon Alain Delaveau : 29 salariés sont en CDD ou en contrat d’intérim (dont 15 sur des missions de plus de six mois) ; onze autres l’ont été à un moment Confirmant ces chiffres, le sous-préfet, Christophe Pécate, complète : « 19 signataires du CSP sont partis ou vont bientôt partir à la retraite » et « des salariés mûrissent un projet de création d’entreprise. » Le 1er août arrive vite

« L’État a privilégié les aides financières – non négligeables (2) – à un accompagnement à la recherche active d’un emploi. » « Cela n’a pas incité une partie des salariés à se pencher rapidement sur leur avenir. »
 Le cégétiste rappelle que, au 1er août, fin du CSP, les fondeurs sans emploi ne toucheront plus que 70 % de leur ancien salaire net, et ce pour deux ans maximum 
 (3). « Beaucoup commencent à s’inquiéter », affirme-t-il.
 (2) Prise en charge de la quasi-totalité du salaire pendant douze mois, aide à la mobilité (jusqu’à 5.000 €), à la formation (jusqu’à 15.000 €), à la création 
 d’entreprise (15.000 €)… (3) Ou trois ans à partir de 55 ans.