LES ECHOS -

Aperam, né d'une scission du groupe ArcelorMittal, a engagé des discussions en vue d'un rapprochement de son concurrent espagnol Acerinox. L'opération donnerait naissance au numéro un européen du secteur, mais pourrait poser des problèmes de concurrence.

 Aperam, qui gère des usines en France (ici à Gueugnon), est déjà numéro deux en Europe, derrière le finlandais Outokumpu.

Aperam et Acerinox vont-ils constituer le numéro un européen des aciers inoxydables ? Les deux groupes ont reconnu vendredi avoir engagé des discussions en vue d'un rapprochement. L'opération est toutefois encore loin d'être conclue.

D'un point de vue industriel, l'opération aurait du sens. Les deux groupes spécialisés dans les alliages de performance, de taille équivalente (autour de 3 milliards d'euros de capitalisation boursière), sont en pleine forme. Depuis l'an dernier, ils bénéficient de l'envolée de la demande et des prix des aciers spéciaux et de l'inox, après une année 2020 assez compliquée en raison de la crise sanitaire.

 Aperam, né d'une scission du groupe ArcelorMittal en 2011, est déjà numéro deux en Europe et leader en Afrique du Sud, avec une production de 1,8 million de 
 tonnes et un chiffre d'affaires de 5,1 milliards d'euros (2021). Sa fusion avec l'espagnol Acerinox, qui a réalisé 6,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour une 
 production de 2,6 millions de tonnes l'an dernier, donnerait naissance à un poids lourd du secteur.
 Complémentaires d'un point de vue géographique, les deux groupes monteraient ensemble sur la première place du podium en Europe, aux Etats-Unis et au 
 Brésil. Selon les analystes de Jefferies, ils pourraient toutefois ne pas passer l'obstacle des clauses de non-concurrence sur le Vieux Continent, où leur part de 
 marché grimperait à 49 %. « En 2012, la fusion entre le finlandais Outokumpu et la branche inox de ThyssenKrupp avait été partiellement bloquée par la 
Commission européenne », rappellent-ils.
 Aperam, qui dispose d' usines en France , en Belgique, et au Brésil, a dégagé l'an dernier un résultat brut d'exploitation (Ebitda) de 860 millions d'euros, 
 comparable à celui du groupe espagnol (940 millions), lui-même 3e producteur européen et présent dans 80 pays avec des usines en Espagne, mais aussi en 
Asie, en Amérique et en Afrique.

Les deux groupes comptent par ailleurs chacun une large proportion d'actionnaires familiaux à leur tour de table - qui devront avaliser une fusion potentielle : Aperam est toujours détenu à 40 % par la famille Mittal, et Acerinox à 18 % par la famille March via un holding familial.

En réaction à leur confirmation que des discussions étaient engagées vendredi matin, le cours de Bourse d'Aperam a gagné 2,5 % dans la journée, tandis que celui d'Acerinox a perdu 3 %.