Une réunion rapide s'est tenue avec les salariés d'Alvance Wheels, ce mercredi matin, dans le froid.

Ce n’est pas une mais deux offres de reprise qui ont été déposées pour Alvance Wheels, mardi 21 décembre, au tribunal de commerce de Paris. M2 Capital s'est aussi positionné mais le projet de Saint-Jean Industries est jugé plus sérieux.

Les salariés d’Alvance Wheels avaient rendez-vous dans la cour de leur entreprise, ce mercredi 22 décembre. Actuellement en activité partielle, ils ont reçu la confirmation que le travail reprendrait le 3 janvier à l’issue de leur semaine de vacances. Les représentants du personnel leur ont par ailleurs présenté les très grandes lignes de l’offre formulée par le groupe Saint-Jean Industrie, mardi 21 décembre, devant le tribunal de commerce de Paris.

Comme annoncé à la sortie de l’audience, cette offre est assortie de 104 licenciements. "Nous allons faire appel aux départs volontaires. Le volontariat sera prioritaire sur les autres critères, à condition bien sûr que les personnes qui se positionnent pour partir soient parmi les catégories socio-professionnelles touchées par le PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi)", explique Christian Grelaud, représentant des salariés présent lors de l’audience.

Si le détail de ces catégories concernées figure bien dans le dossier remis par l’industriel, il reste pour l’heure sous le sceau de la confidentialité. "Le mois de janvier va être consacré à la préparation du PSE. Nous allons notamment travailler sur les mesures d’accompagnement et étudier l'ajout de critères aux critères légaux."

Une seconde offre jugée peu crédible La CGT, par la voix de son délégué syndical Anthony Babarczy, serait favorable à "remettre la pression auprès de Renault et Peugeot pour qu'ils s'engagent sur des volumes tout de suite. Car, en l'état, le projet de Saint-Jean n'est pas viable. On ne peut pas se satisfaire de 250.000 roues par an la première année". La perte de 104 salariés passe mal. "Comment être enthousiaste sachant qu'un tiers va rester sur le carreau ? Maintenant, un PSE, ça se négocie...", glisse Anthony Babarczy.

Le syndicaliste révèle aussi qu'une seconde offre a été déposée, mardi, devant le tribunal de commerce. Elle émane de M2 Capital, qui s'était déjà manifesté, le 9 novembre, par le biais d'une lettre d'intention. "Tout le monde se focalise sur celle de Saint-Jean mais le dossier présenté par M2 Capital mérite d'être regardé et étudié. D'autant que, lui, prévoit de reprendre tous les salariés. Au niveau social, c'est le meilleur projet pour nous."

Cette seconde offre avait été occultée, mardi, car elle est jugée peu crédible par les autres syndicats. "Effectivement, elle a été déposée, confirme Christophe Grelaud. Mais elle n'est assortie d'aucune perspective. On ne sait rien de ses sources de financement ni des clients potentiels et des volumes de production." Un manque d'information qui suscite aussi la méfiance des administrateurs judiciaires qui ne l'estimeraient pas recevable en l'état.

Sotoya en retrait Quant au fabriquant de fenêtres en aluminium Sotoya, également porteur d'une lettre d'intention lors de l'audience du 9 novembre, il n'a pas formulé d'offre concrète, mardi dernier. Si l'entreprise avait un business plan sur cinq ans très précis pour la reprise d'Alvance Wheels, son dirigeant avait toujours dit qu'il laisserait, sur ce dossier, la priorité à Saint-Jean Industries (du fait de sa taille, bien supérieure).



Des salariés amers et résignés