vu dans la NR de mercredi 24/11/21 par Jacques Werdefroy ici remercié. + photos google/piwi

En négociation avec l’État depuis juillet dernier, l’industriel Saint-Jean a finalement transmis une lettre d’intention devant le tribunal de commerce de Paris pour la reprise d’Alvance Wheels.

C’est un beau projet, innovant, porté par un industriel sérieux. Au sortir du tribunal de commerce de Paris, hier après-midi, Christian Grelaud, représentant des salariés d’Alvance Wheels, était plutôt satisfait. L’industriel Saint-Jean, celui-là même qui avait sollicité, le 9 novembre dernier, un délai de quinze jours au tribunal de commerce de Paris, a déposé une lettre d’intention. « La balle est dans le camp de l’État »

Si deux autres entreprises, Sotoya et M2 Capital, s’étaient déjà positionnées, l’offre de Saint-Jean, entreprise implantée dans le secteur de l’automobile, est jugée plus sérieuse par les salariés. Enfin un espoir de sortie de crise pour cette usine spécialisée dans la fabrication de jantes automobiles en aluminium, placée en redressement judiciaire depuis le 23 avril 2021 ? Le potentiel repreneur a sollicité et obtenu un délai d’un mois pour déposer une offre finalisée devant le tribunal de commerce. Des détails de la lettre d’intention, nous ne saurons rien. Les délégués du personnel réservant ces informations au conseil social et économique, prévu ce mercredi 24 novembre, où « un point sur la situation de l’entreprise avec ce qui s’est dit devant le tribunal » est à l’ordre du jour. Une information sera ensuite délivrée aux 278 salariés d’Alvance Wheels. Ces derniers jours, de nombreux signaux positifs avaient été lancés, avec l’annonce de la Région Centre-Val de Loire s’engageant à une intervention financière, sous conditions, à hauteur de 5 millions d’euros, puis celle de Châteauroux Métropole, prête à débloquer 150.000 €.

Ces deux annonces faisant suite aux négociations, entamées depuis juillet entre l’État et Saint-Jean industries. « La balle est maintenant dans le camp de l’État, estime Dominique Roullet, vice-président de la Région, délégué au développement des territoires. Au niveau de la Région, nos exigences sont en direction de l’État, pas du repreneur. Notre priorité, c’est de sauver les emplois. Pour cela, on propose d’entrer, à hauteur de deux millions d’euros au capital de l’entreprise et d’accorder un prêt de trois millions d’euros au futur repreneur. »

« En contrepartie, nous demandons à ce que l’État débloque les 15 millions d’euros du fonds Avenir automobile et que les constructeurs Renault et PSA s’engagent sur des volumes de commandes pour trois ans, poursuit le vice-président. C’est à l’État de prendre ses responsabilités. On nous parle beaucoup de “ Made in France ”, de relocalisation. Là, le gouvernement a l’occasion de passer de la théorie à la pratique. L’automobile est un secteur industriel emblématique et Alvance Wheels est la seule usine française de fabrication de jantes en aluminium. »

Les différentes parties ont maintenant un mois pour trouver un terrain d’entente. Une nouvelle audience est fixée au 21 décembre.