Les Echos -Publié le 23 nov. 2021 à 19:12

Le constructeur estime pouvoir soutenir le projet de reprise d'Alvance Aluminium Wheels par Saint-Jean Industries, mais pas celui de Jinjiang SAM par Alty-Sifa, qui ne présenterait pas « les garanties nécessaires ». Les dossiers de petits fournisseurs automobiles français en difficulté s'accumulent sur ses bureaux, Renault vient de faire connaître sa position sur deux projets de reprise déposés ces derniers mois auprès des Tribunaux de commerce, et notamment sur l'avenir de Jinjiang SAM (dans l'Aveyron).

Dans ce dossier chaud, Renault a estimé mardi que l'offre d'Alty-Sifa « ne présente pas les conditions de pérennité et de sécurité nécessaires » pour le sous-traitant aveyronnais. La fonderie d'aluminium, qui emploie 340 salariés, avait obtenu trois mois de sursis en septembre , pour laisser le temps au repreneur potentiel de trouver davantage de fonds. Le repreneur et le tribunal attendaient aussi de Renault qu'il s'engage sur un plan de charge défini.

Client historique

Client historique de Jinjiang SAM, Renault rappelle dans son communiqué qu'il a déjà soutenu l'entreprise à hauteur de 42 millions d'euros en cinq ans, et qu'il avait soutenu l'offre de l'espagnol CIE . Celle-ci a été rejetée par les salariés, car l'équipementier proposait de ne reprendre que 150 personnes.

Renault, qui avait jusqu'à mercredi pour se prononcer « regrette cette situation », mais précise que, pour s'engager, « il a besoin de solides éléments sur les pérennités des projets de reprise, seules à même de garantir des perspectives réalistes aux salariés de ces entreprises ».

« Il n'y a pas d'offre crédible pour la reprise de SAM, a constaté mercredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. S'il y avait aujourd'hui une offre de reprise qui soit vraiment solide nous l'aurions imposée d'une manière ou d'une autre, ça n'est pas le cas », a assuré le ministre sur Franceinfo.

En revanche, le constructeur au Losange a annoncé qu'il apporterait son soutien au projet de reprise de la société Alvance Aluminium Wheels (dans l'Indre) par le groupe Saint-Jean Industries. Il s'engage à intégrer la société dans son panel fournisseurs et à la consulter « pour le développement et la production de roues en aluminium relevant de son savoir-faire technique, lui permettant ainsi d'accéder à un volume de production pouvant atteindre 500.000 roues annuelles ».

Conditions non réunies

Suite à la défaillance de son propriétaire, le groupe de Sanjeev Gupta , le fabriquant de jantes en aluminium, qui emploie environ 300 salariés, était sur la voie de la liquidation. « L'un des enjeux déterminants pour la réussite de son plan de redressement, consistera en la transformation du bureau d'études pour mener à bien le développement et le lancement de plusieurs projets de façon simultanée et réaliser ainsi les industrialisations confiées par ses clients, dont Renault », avertit le constructeur.