France bleu Poitou -

La liquidation judiciaire de l'usine de fonte de la Fonderie du Poitou à Ingrandes-sur-Vienne sera officialisée ce vendredi mais la production a déjà été mise à l'arrêt, une semaine avant la date initialement prévue. "C'est le coup de grâce", regrette un salarié.

Le tribunal de commerce de Paris devrait prononcer officiellement ce vendredi 23 juillet, la liquidation judiciaire de l'usine de fonte des Fonderies du Poitou Une page vieille de 40 ans qui se tourne à Ingrandes-sur-Vienne.

290 emplois sont supprimés. Les salariés toucheront une prime de licenciement supra légale de 22.000 euros brut. "C'est un peu la douche froide parce que nous demandions 27.000 euros. C'est ce qu'ont touché, les 75 salariés qui sont partis en 2019. On s'est battu pour ce montant et malheureusement, nous n'avons pas obtenu gain de cause", regrette Thierry Waye, délégué syndical CGT. Il note toutefois un point positif, "Renault le principale client de la Fonderie... accepte la mise sous séquestre du montant total de cette supra légale. Donc les salariés sont sûrs de toucher cet argent", explique-t-il.

Un arrêt de la production "brutal" et prématuré Ces annonces ont été faites lors d'une assemblée générale ce mercredi 20 juillet. C'est également ce jour que les salariés ont appris la mise à l'arrêt prématurée de la production, une semaine avant la date initialement prévue. La dernière pièce a été coulée à l'issue de la réunion, à 18h44 précisément. Une partie des salariés n'a pas pu assister à ce moment particulier. "On n'a pas eu le temps de s'y préparer. On l'apprend comme ça du jour au lendemain. C'est le coup de grâce", réagit Alex, salarié de la Fonderie du Poitou depuis 28 ans. "On arrive le matin, tout est à l'arrêt, on ne sait pas quoi faire, ça fait bizarre, c'est violent!", poursuit Jordan.

Alain Delavaux, délégué CGT de Fonderie Fonte du Poitou ne parvient pas à contenir son émotion lorsqu'il observe les trois fours de 42 tonnes,"42 tonnes de vide. Normalement il y a 42 tonnes de métal, 42 tonnes de fonte. D'habitude on les met à l'arrêt au mois d'août pour les vacances mais cette fois, on les a vidés pour ne plus les rallumer. C'est fini... c'est dur". Patrice a le cœur serré également. Il travaille dans cette usine depuis son ouverture," à quelques mois près", précise-t-il. "Nous savions que l'usine allait fermer, ça, ça n'était pas une surprise. Mais moi, j'ai appris en arrivant ce matin à 5h30 que les fours avaient été vidés, qu'il n'y avait plus de production. C'est brutal parce que la production aurait dû s'arrêter la semaine prochaine. On a même pas eu quelques jours pour s'y faire. Là, c'est fini, on n'a même plus besoin de venir mais on va venir quand même parce qu'on a vécu des moments ensemble. On va se dire au revoir ..." conclut-il la gorge serrée. Il sera officiellement à la retraite en janvier prochain, alors il pense à ses collègues plus jeunes.

Une quinzaine de salarié ont anticipé cette liquidation judiciaire et ont réussi à e faire embaucher ailleurs. Ce jeudi, la plupart des salariés ont vidé leur casier. En quittant le site, ils se sont salués une dernière fois à coups de klaxons.