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Comme ils l’avaient annoncé, les 270 salariés ont fait appel de la décision. Certains d’entre eux portent également un projet de reprise et démarchent leurs anciens clients, Renault et PSA. Les salariés de la fonderie MBF Aluminum ont fait appel de la liquidation de leur entreprise, prononcée le 22 juin par le tribunal de commerce de Dijon.



La fin de partie a été sifflée par le tribunal de commerce de Dijon (Côte-d’Or) le 22 juin, dans les cris et les larmes. Mais depuis, les salariés de la fonderie MBF Aluminium de Saint-Claude (Jura) continuent de s’accrocher à l’espoir d’une fin heureuse. Ou moins malheureuse, à défaut. Ainsi qu’ils l’avaient annoncé ce jour-là, ils ont officiellement fait appel de la liquidation de leur entreprise et saisi le président de la Cour d’appel de Dijon afin de suspendre sa mise en œuvre. Il y a urgence car « le processus est lancé », s’inquiète Nail Yalcin, le délégué CGT, joint par téléphone ce dimanche. « Les premiers licenciements vont avoir lieu dans quelques jours, poursuit-il. 90 % des salariés vont recevoir leur notification aux alentours du 10 juillet. » Les machines, elles, n’ont pas bougé et les fondeurs MBF les surveillent de près - sans elles, plus d’espoir d’une (hypothétique) reprise de l’activité. Car plusieurs salariés travaillent sur un projet de reprise des actifs.

« Nous avons ici des machines qui fondent l’aluminium et nous savons que cet alliage a de l’avenir, contrairement à la fonte, indique Nail Yalcin. À ce stade, nous allons taper à la porte de nos anciens clients. Renault et PSA NDLR : groupe Stellantis ne sont pas hostiles. Nous allons aussi nous rappeler au bon souvenir de la région Bourgogne Franche-Comté dont la présidente, réélue, s’était engagée avant le 1er tour à entrer à hauteur d’un tiers au capital. »

Une enquête pour «abus de biens sociaux» ouverte Enfin, sur les raisons du naufrage économique, toutes les interrogations n’ont pas été levées. Le parquet de Lons-le-Saunier (Jura) a, par ailleurs, ouvert une enquête pour « abus de biens sociaux », portant sur des « mouvements de fonds suspects de la société MBF vers d’autres entités économiques », ainsi que sur des « rémunérations non proportionnées aux résultats de l’entreprise et bénéficiant au dirigeant ou à ses proches ».

Nail Yalcin ne décolère pas : « Je vous annonce que les salariés aussi vont déposer plainte. Hélas, la sonnette d’alarme avait déjà été tirée il y a de nombreuses années, mais c’est seulement une fois que la décision de liquidation est prononcée que la justice s’intéresse au sujet… »