On a tous rencontré dans notre vie professionnelle des personnes pour qui l’exactitude des faits n’était qu’une vague notion.

L’approximation qui peut être très utile dans les cas où une décision doit être prise rapidement, devient un grave manque de professionnalisme dès lors que la rigueur ou l’exactitude de la mesure doit être la règle.

L’intuition qui est bonne conseillère dans des relations humaines mouvantes et complexes dans lesquelles il est quasiment impossible de démêler des opinions contradictoires devient vite un handicap dès lors que la science et la technique s’invitent à la table des décisions.

Pour exemple; je pense en traversant les ateliers que je suis à peu près dans le vrai en considérant qu’une partie de mon encadrement recueille une bonne opinion auprès de ses collaborateurs, mais la pièce que l’opérateur contrôle en bout de ligne ne peut pas être à peu près bonne ou à peu près mauvaise. L’industrie vous entraîne à distinguer ces deux notions et à les utiliser à bon escient.

L’à peu près n’a pas sa place dans un métier qui transforme de la matière en objet qui entrera dans la composition d’un groupe mécanique complexe. Cet objet a des interfaces en contact avec d’autres objets fabriqués par d’autres fournisseurs et seule la rigueur universellement obtenue par l’application de règles précises et normalisées permet de construire et d’assembler des ensembles de plus en plus complexes.

L’amélioration de la qualité et de la fiabilité des voitures n’a été obtenue que parce que l’à peu près a progressivement disparu de notre langage commun. L’industrie c’est aussi l’école de la rigueur.

Patrick BELLITY