Sa société, Northvolt, fabrique des batteries « made in Europe » et rivalise avec les Chinois. Son plus gros défi ? Attirer les talents sur le site de Skelleftea, une ville de 32.000 habitants perdue au nord de la Suède… Pour fabriquer des voitures électriques (mais pas seulement), il faut aussi des terres rares : 90 % sont produites en Chine mais notre correspondant aux Etats-Unis Nicolas Rauline a enquêté à Mountain Pass, Nevada, où des investisseurs réveillent une vieille mine aux richesses fabuleuses. L’espoir de l’Occident pour ne pas dépendre uniquement du bon vouloir de Xi Jinping ! Une voiture, c’est aussi beaucoup de puces : le patron de Nvidia, colosse américain valant 450 milliards de dollars en Bourse (deux fois Intel) détaille sa stratégie mondiale à David Barroux. L’Europe se méfie de lui car il veut racheter le Britannique ARM, ce qui aggraverait notre dépendance à l’égard des Etats-Unis. On se rassure en se disant que nous avons chez nous certains des meilleurs cerveaux du monde. Le président de Polytechnique explique à Marie-Christine Corbier comment le pôle d’écoles d’ingénieurs de Saclay veut encore se hisser une marche plus haut. Là aussi, la bataille est mondiale.

Cette bataille, c’est celle de la formation. Mais hormis lorsqu’il s’agit de l’élite, former n’est pas notre fort, remarque Jean-Marc Vittori. C’est pourtant une nécessité car l’écart s’est encore creusé entre l’offre et la demande de travail, cette tragédie française. En sortie de crise, il faudra réinventer l’emploi, ajoute notre éditorialiste Lucie Robequain. Voire réinventer la France : c’était un peu l’objet du rapport Tirole-Blanchard dont les auteurs eux-mêmes nous ont résumé les grandes lignes dans une tribune. Ils ont le mérite de voir loin. Plus loin que bien des politiques, tacle Jean-Marc Vittori. Au moins, avec ce rapport, les candidats à la présidentielle disposent de l’esquisse d’un programme, explique Guillaume de Calignon. Qui s’en servira ?

Voir loin, c’est aussi la mission du Giec. Muryel Jacque a lu le rapport que préparaient ces scientifiques pour la COP26 de Glasgow (novembre) et il fait froid dans le dos, si l’on ose dire : rien ne va, les températures montent plus vite qu’anticipé et c’est l’espèce humaine qui est menacée.