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Après les fonderies Fonte du Poitou et MBF Alu dans le Jura en liquidation judiciaire, l'Intersyndical débraye, côté Alu, pour dénoncer les fermetures des fonderies partout en France, et surtout les suppressions d'emploi. Côté Fonte, l'avenir s'assombrit pour les 288 salariés. Les salariés de la Fonderie Alu votent une nouvelle grève. © Radio France - Sarah D'hers

Démontrer que la mobilisation est toujours forte aux fonderies du Poitou. Devant les grilles de l'usine, une centaine de salariés de la Fonderie Alu est rassemblée à l'appel de l'Intersyndical. Ensemble, ils dénoncent les fermetures en série des fonderies partout en France, après l'annonce du placement en liquidation judiciaire - presque actée - de la fonderie Fonte jeudi dernier, et de celle de la Fonderie MBF Aluminium dans le Jura. " Il y a six fonderies en redressement judiciaire, comme nous, en France, 2 vont fermer leur porte. Bientôt nous ? " s'interroge, dégoûté, un salarié syndiqué. Ce vendredi, il fait grève, comme ses collègues en attendant la venue de Philippe Martinez, le Secrétaire général de la CGT. Les emplois de 280 salariés sont aujourd'hui menacés

" S'il n'y a plus de financement, on tombe en liquidation" Jean-Yves Huet, délégué syndical CGT Fonderie Alu

Renault, leur principal client, a accepté le processus de négociation avec les syndicats et l'Etat. Les syndicats sont méfiants " Ce qu'on n'a pas, ce sont des engagements écrits sur le financement des volumes jusqu'à la fin d'année, sur l'avenir des salariés, et la possible diversification. Nous voulons être sûr qu'en septembre l'usine soit toujours là et que nous serons toujours payés. On veut des garanties sur la production " explique le syndicaliste. " Pourquoi délocaliser notre savoir-faire depuis tant d'années en Chine ou en Roumanie ? " ajoute un salarié en grève, amer.

Explosion sociale à la Fonte

Côté Fonte, les salariés craignent de perdre leur emploi. La fonderie s'achemine vers une liquidation judiciaire, la décision des juges sera rendue normalement la première semaine de juillet. " On se sent abandonnés " jette avec rancœur l'ex-délégué syndical CGT Thierry Waye. " Le désarroi que les salariés ont exprimé à la sortie de Tribunal de Dijon, on risque de l'avoir dans quelques jours "s'inquiète-t-il

" Maintenant, il y a un risque d'explosion sociale " Thierry Waye, ex-délégué syndical CGT.

L'avenir est tellement incertain, que certains salariés baissent les bras, d'autres s'engagent à livrer la production de 20 000 carters attendus par Renault. " Et malheureusement, les mesures de réparation que l'on peut attendre ne sont certainement pas à la hauteur des attentes de la quasi-totalité des salariés, avec surtout la difficulté de retrouver de l'emploi sur le bassin de Châtellerault" conclue l'ancien syndicaliste. Une rencontre est prévue avec la marque au losange mardi 29 juin.

Il sera question de la production du mois de juillet, de la trésorerie, des conditions et des modalités de versement de la supra légale - c'est-à-dire des réparations- et du calendrier de la procédure à organiser avec la production.