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Le 10 juin 2021, les travailleurs en grève pour protester contre un plan social passent devant des pancartes indiquant « Non à la fermeture de MBF » à l’entrée de l’usine de fonderie d’aluminium de MBF à Saint-Claude, dans le nord-est de la France.

À l’heure où les grandes puissances font le forcing pour en finir avec le moteur thermique, les industriels et les gouvernements s’inquiètent de la casse sociale. La révolution de l’automobile électrique peut-elle éviter la casse sociale ? En France, la semaine sociale a été marquée par la fermeture de la fonderie de Saint-Claude dans le Jura. Un drame pour les 300 ouvriers au chômage suite à sa mise en liquidation. Sont-ils les premières victimes de la révolution électrique ?

Grande mutation en cours

Les fondeurs font effectivement partie des métiers voués à disparaître dans la grande mutation en cours de l’industrie automobile. D’après les chiffres du ministre de l’Économie, ils sont 15 000 en France. Il y a quelques mois, Bruno Le Maire a promis des aides pour faciliter leur reconversion. Un coup de pouce qui ne s’est pas encore matérialisé pour les ouvriers de Saint-Claude. Le seul candidat à la reprise a présenté un projet axé justement sur les besoins du véhicule électrique, mais sa proposition n’a pas été retenue par le tribunal. En France 100 000 emplois seraient menacés dans l’industrie et la sous-traitance. Parce qu’il faut trois fois moins d’ouvriers pour fabriquer une batterie à la place d’un moteur thermique. Il faut aussi nettement moins de composants, moins de sites de production. C’est donc bien une compression radicale de la main-d’œuvre qui se profile dans les pays où le véhicule électrique est en train de devenir la norme. La casse sociale redoutée par les ouvriers dépend en grande partie de la vitesse de déploiement de l’électrique. L’allemand Audi veut aller vite, il a annoncé hier qu’il passerait au tout électrique dès 2035. Et cela dépend aussi des gouvernements. À l’instar d’Audi, la Commission européenne est très volontariste, elle souhaite interdire le moteur à essence dès 2035, l’annonce pourrait être faite le 14 juillet prochain. Ce qui implique une transformation express du tissu industriel.

Comme dans les années 70 ?

L’industrie automobile va-t-elle vivre une crise comparable à celle de la sidérurgie dans les années 70 ?

C’est un risque bien identifié. Luc Chatel, le porte-parole de l’industrie automobile française appelle à des investissements records et rapides dans des usines géantes de batteries pour faire face aux plans de licenciements massifs en perspective et aussi pour servir au mieux les constructeurs français. Pour le moment, le compte n’y est pas. Sur les 25 projets européens de « gigafactory », la France n’en compte qu’un seul, et l’Allemagne une dizaine.

Chez nos voisins, le sort de cette industrie est déjà très discuté. Le patron de Daimler appelle à un vrai débat politique sur la question. Porsche, réputé pour sa générosité salariale, prévoit de reconvertir le quart de ses effectifs. Le syndicat IG Metall s’active pour accompagner cette transition en douceur, il a même lancé un fonds d’investissement dédié à la reprise des sous-traitants pour amortir leur mort annoncée.

Car la disparition d’un pan entier de l’industrie automobile est inévitable ? Oui, mais cela ne veut pas dire pour autant que le secteur va s’étioler en termes d’emploi et de chiffres d’affaires. Bien au contraire. Les études prospectives à moyen terme sont optimistes. En France, selon le cabinet KPMG, les emplois du secteur pourraient doubler d’ici 2040. Et en prenant en considération les emplois au sens large, dans la maintenance, les services financiers. À condition, dit le cabinet d’investir 140 milliards d’euros dans les vingt ans qui viennent. À titre de comparaison pour la relance post Covid-19 la France prévoit un plan à 100 milliards d’euros.

les États-Unis sanctionnent 5 entreprises chinoises pour violation des droits de l’homme. Leurs exportations seront soumises à des restrictions. Elles sont accusées de recourir au travail forcé. Parmi elles, plusieurs producteurs de matériaux indispensables pour l’énergie solaire, un secteur largement dominé par la Chine. L’île de Malte est désormais sous la surveillance de Groupe d'action financière, un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent.

C’est la première fois qu’un pays européen se retrouve pointé du doigt par le Gafi, classé sur sa liste grise. Depuis 2017 des soupçons de corruption pèsent sur la classe politique maltaise, c’était l’objet de l’enquête de la journaliste Daphne Caruana Galizia qui a été assassinée.