Les Echos -

Trois offres de reprise ont été déposées pour la fonderie aveyronnaise de carters pour Renault, en redressement judiciaire depuis fin 2019. L'offre de l'ancien patron du groupe Arche, liquidé en 2016 et auquel appartenait l'entreprise, a la faveur des délégués du personnel. Patrick Bellity propose de reprendre 250 des 349 salariés. Jugeant insuffisante l'offre de reprise déposée par CIE Automotive en mars dernier, les salariés avaient bloqué le site pendant 23 jours, jusqu'au 6 mai.

Soulagement chez Jinjiang SAM à Decazeville (Aveyron). Trois offres de reprise ont été déposées la semaine dernière au tribunal de commerce de Toulouse pour cette fonderie de pièces automobiles en aluminium, en redressement depuis fin 2019. En mars, seul le groupe espagnol CIE Automotive avait déposé une offre reprenant 150 des 349 salariés. Il était encouragé par Renault, unique client de la fonderie qui fabrique des carters d'embrayage et d'huile.

Jugeant cette proposition insuffisante, les salariés ont bloqué le site pendant 23 jours, jusqu'au 6 mai, pour demander à Renault de chercher un autre repreneur et de garantir les commandes. « Renault s'est engagé à nous apporter un chiffre d'affaires minimum de 40 millions d'euros, contre 20 à 25 millions d'euros en 2020 », affirme Sébastien Lallier, délégué CGT.

Complémentarité Une offre de reprise a été déposée par Patrick Bellity, l'ancien PDG du groupe Arche, liquidé en 2016 et auquel appartenait SAM avant la reprise par le chinois Jinjiang . Le dirigeant avait acquis lors du dépôt de bilan la fonderie Sifa Technologies (100 salariés) à Orléans, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 13 millions d'euros en 2019. Il propose de reprendre 250 salariés et de garder le bureau d'études et les services annexes pour chercher d'autres clients. Il promet d'investir 10 millions d'euros pour moderniser la production et veut établir une complémentarité avec sa fonderie qui fournit aussi Renault.

« Sifa fait des pièces très techniques et SAM fabrique sous pression avec un peu moins de valeur ajoutée. Cela nous permettrait de présenter une offre complète de composants très techniques pour les groupes motopropulseurs », a déclaré Patrick Bellity à « La République du Centre ».

« Un accord d'accompagnement de Renault » Les délégués du personnel, qui s'opposaient au retour de l'ancien PDG il y a quelques mois, l'ont rencontré et estiment que sa proposition est la meilleure. « Nous faisons table rase du passé, concède Sébastien Lallier. Son offre va davantage dans notre sens et il a un accord d'accompagnement de Renault pour reprendre SAM. »

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De son côté, CIE Automotive a déposé une nouvelle offre en proposant cette fois de reprendre 200 salariés et d'investir 18 millions d'euros. « Mais il ne garderait pas le bureau d'études ni le service commercial et l'on deviendrait un simple atelier », déplore le syndicaliste.

La troisième offre émane de la petite fonderie lyonnaise Trinquet. Celle-ci veut reprendre 225 salariés, « mais son business plan n'est pas détaillé », estime le syndicaliste, qui a demandé le report du jugement à la fin juin pour pouvoir étudier les offres.