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Le tribunal de commerce de Dijon doit trancher mardi 25 mai : l'usine MBF de Saint-Claude va-t-elle être placée en liquidation ? Un seul repreneur tente de sauver le site, soutenu par les salariés. Réunis en assemblée générale, ils ont décidé de faire sauter l'usine si une liquidation est décidée.

Assemblée générale à la Fonderie MBF de Saint-Claude, à la veille d'une audience décisive pour la reprise ou la liquidation de l'entreprise. Les salariés menacent de faire sauter l'usine.

Mickaël Azoulay, le seul repreneur encore en lice, propose de reprendre 229 employés en CDI, sur les 272 employés actuels. Et c'est le tribunal de commerce de Dijon qui devra décider mardi 25 mai à 14h30 de retenir, ou non, ce projet de reprise. Les salariés de la fonderie ont décidé de faire sauter leurs outils de travail si le tribunal décide de la liquidation du site.

Certains se rendent ce mardi à Dijon, pour soutenir Mickaël Azoulay. La veille, réunis en assemblée générale, les salariés ont décidé de plusieurs mesures témoignant de leur détermination à maintenir l'activité sur le site MBF de Saint-Claude. '' Faire sauter le site s'il n'y a pas de reprise ou de délai''

"On a installé des bonbonnes d'azote et des bidons de pétrole à des endroits stratégiques pour faire sauter le site s'il n'y a pas de reprise ou de délai", explique Koray Sukran, délégué du syndicat Sud. Il s'agirait donc de détruire le four et les machines, ainsi qu'une voiture de MBF, installée symboliquement sur le parking, mais aussi le bâtiment administratif.

À lire aussi Fonderie MBF à Saint-Claude : des salariés entament une grève de la faim Si ce n'est pas la reprise par Mickaël Azoulay, les salariés espèrent au moins un délai pour retrouver d'autres repreneurs, "tout faire sauter ce n'est pas une solution, ça serait juste pour interpeller l'Etat", ajoute Nail Yalcin, délégué CGT.

Il manquerait 500.000 euros au repreneur Nail Yalcin se veut positif, il espère une issue favorable permettant de reprendre l'activité, car selon lui, le repreneur remplit les conditions demandées par l'Etat et le tribunal. "Il a jusqu'à juin pour trouver les 500.000 euros manquant". En effet, d'après le syndicaliste, Mickaël Auzoulay n'a que la moitié du million d'euros nécessaire à la reprise.

Pour garder mon gagne-pain je vais mettre la main au portefeuille

Du coup, pour aider, les salariés ont proposé de prendre des parts de l'entreprise et de mettre la main à la poche. "Si c'est pour pouvoir garder mon gagne-pain, même si c'est difficile financièrement, je vais mettre la main au portefeuille", explique Latifa, employée depuis plus de 20 ans.

Elle a deux filles et leurs études lui coûtent cher, mais elle s'est quand même inscrite sur une liste de salariés prêts à prendre des parts dans l'entreprise pour soutenir le projet de reprise. 100, 200, 500 et jusqu'à 1500 euros. Chacun y va de sa promesse, "même s'il faut prendre un crédit, on le fera", conclut Latifa.