L'usine avait été reprise par le chinois JingJiang en 2017 alors qu'elle se trouvait en procédure de liquidation judiciaire, suite au redressement de son actionnaire précédent, le groupe Arche. © Maxppp - René Bych 99 salariés de l'usine FVM de Villers-la-Montagne, près de Longwy, ont engagé une poursuite devant un tribunal civil contre leur actionnaire, le Chinois Jinjiang Industries, à qui ils réclament 25.000 euros d'indemnités de licenciement chacun. Me Blindauer, leur avocat, estime que le groupe est partiellement responsable de la liquidation judiciaire de l'usine, prononcée le 19 avril dernier.

Cette fonderie d'aluminium fabrique des carters d'huile pour l'industrie automobile. Le chinois Jinjiang l'avait reprise en 2017 pour un euro symbolique des mains du précédent actionnaire, le groupe Arche, placé en redressement judiciaire.

Pendant toute cette période, on a eu pas moins de sept directeurs d'usine - Me Blindauer

L'actionnaire avait promis d'investir pour réaliser son projet d'inonder le marché européen d'aluminium chinois à bas prix. Selon Me Blindauer, il n'a pas respecté ses engagements : « JinJiang devait injecter 20 millions d'euros dans l'usine, et nous n'en avons pas vu le début. Cela a empêché l'entreprise de diversifier sa clientèle, avec une usine laissée à l'abandon », explique l'avocat des 99 demandeurs. À cela s'ajoute, selon Me Blindauer, l'absence totale de gouvernance et de stratégie industrielle pour l'usine : « Pendant toute cette période, on a eu pas moins de sept directeurs d'usine », complète l'avocat des salariés.

Il fait donc valoir que l'actionnaire est partiellement responsable des dommages causés aux 120 salariés du site qui vont être licenciés économiquement.

25,000 euros par salarié versé par Renault, leur principal client FVM a souffert de la crise qui traverse l'industrie automobile, Renault étant leur principal client. Le groupe français s'était engagé à réaliser un certain chiffre d'affaires avec la fonderie, à condition que FVM conquiert d'autres clients, ce qu'il n'a jamais réussi à faire : « Face à Renault qui n'apporte pas tout le chiffre d'affaires promis, JinJiang, eux, apportent zéro investissement » martèle Me Blindauer.

Le groupe Renault a pris sa part de responsabilité pour accompagner les salariés de ce sous-traitant, et leur versera une indemnité de 25,000 euros chacun. Me Blindauer en réclame donc autant de la part de Jinjiang Industries.

Plan social « à minima » La majorité des salariés concernés par ces licenciements ont « autour d'une cinquantaine d'années et beaucoup d'ancienneté au sein de l'entreprise », explique-t-il, dénonçant un plan social « à minima », qui ne permet pas d'accompagner correctement les personnels avec des actions de formation ou de reclassement.

Les derniers salariés doivent quitter les locaux de l'usine ce vendredi.