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La fonderie du bassin de Decazeville, qui est en redressement judiciaire depuis des mois, pourrait avoir trouvé son plan B. Les équipes de son ancien patron, Patrick Bellity, ont visité le site et il devrait faire une offre. Les salariés, au départ réticents, ont levé leurs réserves.

La SAM emploie 365 personnes à Viviez près de Decazeville, Aveyron.

Enfin un espoir pour la SAM de Viviez dans le bassin de Decazeville en Aveyron. L'entreprise qui a été placée en redressement judiciaire en 2019 et qui emploie plus de 350 salariés pourrait avoir trouvé son plan B. En tout cas, ces lundi et mardi 3 et 4 mai, un repreneur potentiel a visité l'entreprise. Un audit industriel qui s’est a priori bien passé. Il devrait déposer une offre avant le 17 mai (date butoir) devant le tribunal de commerce.

Ce repreneur potentiel, les salariés de la SAM le connaissent très très bien. C'est leur ancien patron. Patrick Bellity qui pourrait donc faire cette offre de reprise. Et pourtant, il y a quelques mois, les salariés, en AG, avait dit non à son projet. Ils avaient même dit que c'était "inconcevable."

Une offre d'Alty

Mais depuis, il y a eu beaucoup d’événements et de déconvenues pour la fonderie du bassin de Decazeville. Et les salariés se sont rendu compte que leurs choix étaient restreints. Et que l'offre d'Alty, que dirige Patrick Bellity, pouvait porter un vrai projet industriel. En tout cas, selon Ghislaine Gistau, une des responsables de la CGT à la SAM, il faut attendre de voir ce qu’il y a dans le projet. Les exigences seront les mêmes qu’avec CIE (le repreneur potentiel espagnol choisi par Renault) c’est-à-dire au moins 250 salariés repris. Mais la situation n’est plus du tout la même qu’en décembre.

Une histoire forte de deux décennies avec la SAM

En tout cas, Patrick Bellity et la SAM, c'est une histoire forte. Quand il se présente, l’industriel dit : " J'ai dirigé la SAM pendant 18 ans et demi." En 1998 quand, il reprend la fonderie, ça ne va pas fort. Et il va en faire ce qu'il décrit comme "une des plus belles fonderies d'Europe avec au plus fort 600 salariés". C’est en tout cas alors le fleuron du groupe Arche, qui compte 2600 personnes et 8 usines.

Et c'est justement le problème. La SAM n'a pas résisté à l'effondrement du groupe accéléré par les crises de 2008, puis de 2013. Lâché par son actionnaire, puis par ses salariés, Patrick Bellity se retrouve seul sur le parking de la SAM le 15 juin 2016. Il n'a plus accès à l’entreprise. On sent la blessure quand il évoque ces moments.

Dépôt des offres à la mi-mai

Mais on comprend aussi la capacité de rebondir de l'homme. Ingénieur de formation , il travaille dans les fonderies depuis 38 ans. Et donc, après la SAM, en 2016, il rachète une petite fonderie dans le Loiret qui aujourd'hui - malgré le Covid - est toujours là. Mais lui croit surtout à la SAM. À sa capacité d'innover, à son agilité industrielle.

La date butoir pour le dépôt des offres est le 17 mai. Des offres (ou une offre) qui seront examinées le 21 mai par le tribunal de commerce.