Le Monde -

Mardi 21 avril, près de 2 000 personnes, dont des élus locaux de tous bords politiques, se sont rassemblées sur le site placé en redressement judiciaire, pour maintenir la pression sur l’Etat et le groupe Renault, le principal donneur d’ordres.

Des employés de la SAM, lors d’une manifestation, à Decazeville, dans l’Aveyron, le 10 mars 2021.

Dans l’ancien bassin houiller de Decazeville, dans l’Aveyron, sur le site de Viviez, la SAM, qui produit des pièces sous pression en aluminium pour l’automobile, a cessé la production depuis le 14 avril, et les salariés ne reprendront pas le travail s’ils n’ont « aucune piste concrète ». Mardi 21 avril, près de 2 000 personnes, dont des élus locaux de tous bords politiques, étaient rassemblées en fin d’après midi sur le site pour maintenir la pression sur l’Etat et le groupe Renault – le principal donneur d’ordres de la SAM.

Le site est placé en redressement judiciaire depuis décembre 2019, et le groupe espagnol CIE Automotive s’est positionné, le 8 mars, pour reprendre 150 emplois sur les 357 salariés actuels, sur une base de 30 millions d’euros de chiffres d’affaires octroyés par an par Renault. Depuis, les fortes mobilisations en février et en mars ainsi que les tables rondes successives ont permis que Renault assure 10 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires et soutienne aussi l’activité d’assemblage de petites pièces dont CIE voulait se séparer, ce qui permettrait de reprendre 50 employés supplémentaires.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les fonderies françaises dans la tourmente Mais salariés et syndicats jugent la position du groupe espagnol bancale et soulignent le manque de transparence : « C’est 150 emplois, sinon rien. Ils ne souhaitent pas non plus accepter de subventions de la région ou de l’Etat. Ils ne disent pas combien ils vont investir, sur quelle durée, ils disent que cela ne nous regarde pas, qu’il faut accepter et qu’après on verra », regrette Sébastien Lallier, secrétaire du comité social et économique (CSE) et représentant des salariés au tribunal de commerce.

« Les investissements promis ne sont jamais arrivés » L’Etat était pourtant prêt à accorder une enveloppe de 800 000 euros dans le cadre du plan de relance ; et la région Occitanie, plusieurs centaines de milliers d’euros.