Il s’agit de ce que l’on nomme une poche, en métallurgie. Cet ancien équipement qui servait autrefois, dans l’usine, à couler le métal en fusion, a été installé il y a quelques jours au giratoire de l’avenue de Verdun, à Saint-Satur. Un hommage au passé industriel de la commune, à l’initiative de l’association Amag’art, en lien avec la mairie.

Des coulures de métal en fusion sont encore accrochées

Des coulures de métal fondu sont encore accrochées à l’enveloppe du godet… C’est l’une des rares pièces d’outillage des ateliers à avoir été préservée. Aujourd’hui, les vastes bâtiments sont vides. Carters de moteurs, jantes de voitures en aluminium… On y a fabriqué pendant des décennies des pièces mécaniques. La poche a gardé son système de basculement, comme une hanse articulée, ainsi que son couvercle. « À l’intérieur, il y a toujours la paroi réfractaire isolante, décrit Christian Carré, cheville ouvrière d’Amag’art. On mettait dedans le métal qui sortait du cubilot (four vertical servant à la fusion, NDLR) et qui était ensuite versé dans des moules. »

La mise en valeur du vieil outil est une manière de garder vive l’histoire locale. L’an dernier, dans cette optique, et pour marquer les cent ans de la création de la fonderie, l’association prévoyait un événement avec, notamment, une exposition et une conférence, en partenariat avec le Liger-club du Sancerrois… Une collecte de témoignages auprès d’anciens salariés de l’entreprise avait été menée pour nourrir l’exposition. Le photographe Pierre Merat, membre d’Amag’art, avait réalisé leur portrait. Mais le rendez-vous avait dû être déprogrammé, en raison de la crise sanitaire.

Non loin de la poche, sur le trottoir, un panneau a été installé. « Il y a un QR code qui permet de consulter avec un portable un historique de l’usine sur le site internet de la mairie », précise Christian Carré. La matière récoltée pour le centenaire n’est pas pour autant perdue. Les photographies d’anciens ouvriers avaient été exposées il y a peu en bas de la rue du Commerce. Et, cette fois, en parallèle de l’installation de la poche, elles le sont à nouveau, accompagnées de panneaux historiques, sur les grilles du site industriel, avenue de Verdun. Des années après, l’usine a retrouvé ses visages.