« Rien qu'avec les annonces historiques de ces dernières semaines, on arrive à près de 4 millions de voitures électriques en 2030 en Europe, sur la base des chiffres de 2019 », calcule Matthias Schmidt, analyste indépendant basé à Berlin. « En comptant les autres constructeurs, comme Stellantis, Renault ou encore Tesla, je ne serais pas surpris que l'on arrive à 9 millions, soit 60 % de pénétration du VE en 2030 sur le Vieux Continent ». Un objectif inimaginable il y a quelques mois, lorsque les plus optimistes visaient 50 %.

Volkswagen défie Tesla et les géants de l'automobile mondiale

Cette cascade d'annonces n'est pas due au hasard. Certains groupes ont compris qu'ils ne pouvaient pas se contenter de demi-mesures. « Pour bénéficier pleinement de la bascule vers l'électrique, il ne faut pas des petits pas, mais changer d'écosystème, avance Markus Collet, associé chez CVA (Corporate Value Associates). C'est le sens du projet de Volkswagen ». Multiplier les annonces sur l'électrique est également une manière de soutenir le cours de Bourse, au moment où Tesla hypnotise les investisseurs .

Le moteur thermique bientôt banni dans plusieurs pays Mais si les constructeurs européens se convertissent de manière accélérée au lithium ion, c'est aussi et surtout parce que l'horizon réglementaire du moteur thermique s'est singulièrement obscurci ces derniers mois, en particulier en Europe. Les interdictions pures et simples, tout d'abord, se multiplient. La Norvège compte interdire dès 2025 la vente de voitures neuves dotées de moteurs à combustion. Le Royaume-Uni va l'imiter en deux temps (2030 puis 2035).

Les Pays-Bas, le Danemark, la Suède ou la Slovénie sont sur la même pente. En France, le terme des ventes de moteur à combustion est programmé pour 2040, mais un certain nombre de métropoles veulent prendre les devants. Paris compte interdire en 2024 la circulation des voitures diesel , et n'autorisera que l'électrique ou l'hydrogène en 2030. Lyon, Strasbourg ou encore Grenoble ont adopté des démarches similaires. Autant d'initiatives qui réduisent le potentiel commercial du moteur thermique.

Mais la pression vient aussi de Bruxelles. Le « Green Deal » , projet qui vise à amener l'Union à la neutralité carbone en 2050, affecte évidemment l'industrie automobile. La Commission réfléchit à haute voix à une interdiction des moteurs thermiques sur les nouveaux modèles en 2035. Mais cette échéance pourrait survenir de facto des années plus tôt.