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Le 12 mars a eu lieu la traditionnelle cérémonie des César du cinéma français. De splendides trophées en bronze fabriqués par la fonderie d’art Bocquel dans le pays de Caux

L’histoire de famille intimement liée à la création artistique se poursuit à la fonderie Bocquel. Dans cette fabrique pas comme les autres du pays de Caux, le sculpteur César a fait de longs séjours. Ami du fondateur Régis Bocquel, l’artiste a souhaité qu’il prenne en charge la fabrication des trophées du cinéma français qu’il a créés.

L’aventure dure depuis 1994, désormais menée par les deux enfants, Claire et Gilles, le fils ayant repris le savoir faire de fondeur de son père. « Un peu comme la haute couture » La PME créée il y a 50 ans compte une vingtaine de personnes, et un panel de savoir-faire de nature à satisfaire la demande des artistes. Pour les César du cinéma, « c’est un peu comme de la haute couture avec des tas de métiers : fondeurs, mouleurs, ciseleurs, patineurs, graveurs... », explique Claire Bocquel. Fière de l’ héritage qu’elle a su développer au côté de son frère, elle dévoile discrètement les procédés de fabrication qui mènent du bronze acheté en lingots à la magnifique statuette de quatre kilos qu’on dirait d’or vieilli.

La compression de César, connu pour ses détournements d’objets de la vie quotidienne, est au départ réalisée avec des ornementations de commodes. Le résultat est un lingot subtilement ouvragé qui peut faire penser à de l’art nouveau. Une trentaine de trophées va être réalisée pour cette cérémonie de 2021. Le processus de fabrication est assez long. Il démarre dans l’atelier et se termine le soir de la cérémonie. Un des graveurs se tient en effet dans les coulisses et doit finir le travail sur le parcours VIP, en inscrivant le nom des lauréats au fur et à mesure du palmarès.

« Une pratique venue des Oscars »

« Cette pratique de faire figurer le nom du récipiendaire est venue des Oscars. Mais pas question de mettre un socle aux César, donc il faut qu’il grave tout en précision et rapidité directement sur l’œuvre », précise Claire Bocquel. Le César est fabriqué grâce à la technique dite de la cire perdue. De la cire d’abeille qui sert de matrice, dans un moule en élastomère basé sur l’original, avant de fondre au four à l’intérieur de plâtre réfractaire et d’être remplacée par le métal en fusion.

Une fois la statuette refroidie, commence le travail de ponçage avec les défauts à enlever. Le César est affiné au fur et à mesure et au bout de deux ou trois heures « on se voit dedans ».

La fin de l’ouvrage concerne la signature « à la fraise de dentiste », une étape tout en finesse du geste. Chaque année, la maison Bocquel, pour qui les César sont une belle carte de visite, est invitée à la cérémonie. Hervé, spécialiste du polissage, y est allé l’an dernier et « c’était bien, cette cérémonie qui a fait polémique », lance-t-il avec un franc sourire.

« César, le grand-père de la maison »