Luigi Bergamo, dirigeant de la fonderie Cornille Havard à Villedieu-les-Poêles (Manche) de 1981 à 2006.

S’il est une personne à laquelle la fonderie de cloches Cornille Havard, à Villedieu-les-Poêles (Manche), doit beaucoup, c’est bien à Luigi Bergamo. Il fut patron de cet établissement phare de Villedieu de 1981 à 2006.

Luigi Bergamo est né dans le Tyrol italien, à Bolzano, en 1945. Après la Seconde Guerre mondiale, il émigre avec sa famille, en France, à Lyon. Des études secondaires brillantes et un diplôme en mathématiques supérieures lui permettent d’entrer à l’École centrale Paris. Il en ressort en 1968 avec un diplôme d’ingénieur généraliste en poche. Quelques années plus tard, il crée une fonderie d’art à Dinan, dans les Côtes-d’Armor, avant de prendre la direction de la fonderie de cloches de Villedieu, où il succède à Marguerite Cornille en 1981.

Un ingénieur féru d’innovations

Il met alors à profit son savoir-faire d’ingénieur pour parfaire la qualité technique des cloches. La fonderie utilise ainsi l’informatique pour numériser les profils des cloches sur ordinateur et mettre en place l’accordage différentiel améliorant leur sonorité.

Une autre innovation a porté sur la coulée des cloches avec le moule à l’envers permettant d’obtenir un alliage plus compact et d’augmenter leur tonnage.

Nommé maître d’art

Il aimait à rappeler qu’avec son épouse Françoise, qui dirigeait l’établissement à ses côtés, « nous avons voulu redonner à la cloche son statut d’art sacré, porteur d’un message. Pour réaliser les décors et apporter une dimension symbolique supplémentaire, nous avons régulièrement fait appel à des historiens de l’art, théologiens et artistes. »

En 1998, Luigi Bergamo est nommé maître d’art par Catherine Trautmann, alors ministre de la Culture. Au début des années 2000, la fonderie de Villedieu se hisse parmi les leaders mondiaux des fondeurs de cloches.

En 2006, il prend sa retraite et confie la direction de l’établissement à son fils Paul. Ces dernières années, il avait conservé un rôle de conseil dans l’entreprise, sur la partie fabrication et installation des cloches. Il avait écrit des mémoires sous forme de notes techniques et se montrait optimiste pour l’art campanaire « qui s’inscrira toujours dans l’événementiel et la longue durée ».

Luigi Bergamo est décédé à l’hôpital des suites du Covid-19. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la date de ses obsèques n’est pas encore connue.