Pour quoi faire ? « Je suis à la tête de cinq sociétés, indique M. Simper. Qui sont spécialisées dans le domaine de l’environnement. Nous travaillons à 85 % à l’exportation et équipons des incinérateurs ». C’est-à-dire des grilles pour les grands fours des métropoles – capables d’engloutir des milliers de tonnes de déchets – qui supportent des températures de 950 degrés grâce à des aciers réfractaires spéciaux dont le point de fusion est à 1 600. Chaud devant… Sans compter que le cahier des charges doit garantir une année de fonctionnement sans arrêt. Le droit à l’erreur, sous peine de pénalités importantes, n’est pas permis. « Outre la fabrication de grilles évolutives, il faut savoir qu’une usine d’incinération est un tout, ajoute le chef d’entreprise. D’autres professionnels interviennent pour la gestion du four, de la chaudière, de la turbine qui valorise les calories générées en électricité, du traitement des fumées ».

Pièces disponibles

Et pourquoi avoir choisi Anor ? Parce que le site présente différents avantages. Tout d’abord, de remédier aux problèmes de la conjoncture internationale qui peut vite charrier son lot de crises (virus, économie, diplomatie…). Relocaliser de l’étranger pour fabriquer en France, c’est avoir la certitude d’obtenir les pièces rapidement. Ensuite, l’expérience séculaire. Enfin, la touche affective… : « Mes grands-parents étaient de Buironfosse ».

L’usine locale sera sollicitée pour concevoir des barreaux d’acier issus du recyclage, des cônes à broyer le bois à papier, des refroidisseurs de cimenterie, voire des pièces sur-mesure modelées et ébarbées. Quant à l’emploi, M. Simper a recruté huit anciens employés. Un effectif qui pourrait doubler dans les mois à venir. Avec cette clause à l’heure où les écoles d’apprentissage sont rares : chaque fondeur devra former un apprenti.

(1) Les Aciéries et Forges d’Anor étaient constituées de trois ateliers : fonderie, laminerie et mécanique.

Refonte

André Simper n’est pas un inconnu dans le monde de l’industrie. Ingénieur de formation âgé de 73 ans, il a commencé sa carrière en 1966. Avant de voler de ses propres ailes en 1985. Et il est aujourd’hui à la tête de cinq sociétés dans le monde, rassemblant 220 salariés pour un chiffre d’affaires de plusieurs dizaines de millions d’euros. Son groupe est spécialisé dans la fabrication de grilles d’incinération mais également de vannes, corps de pompes, plateaux de traitements thermiques, impulseurs, marteaux de broyage, usinage, rectification, papeterie, etc.

Il s’est lancé également dans le « revamping », autrement dit la refonte de métaux de collecte qui sont les bienvenus, notamment à la fonderie d’Anor. Sans oublier la maintenance. Et les nombreux brevets déposés.

Le groupe Saretco d’André Simper intervient dans la fabrication de fours pour le traitement des déchets urbains, industriels et et la biomasse, à travers 26 pays dans le monde. Il est composé de cinq sociétés :

– Saretco, bureau d’études implanté à Marquise dans le Pas-de-Calais en France ;

– Metallium, commercialisation de pièces forgées, moulées et usinées, à Marquise ;

– Dabs, unité de fabrication en Turquie ;

– Gugara Alloy, unité de fabrication en Inde ;

– Fonderie d’Anor.