Le Comité social économique va donc déposer un droit d'alerte. Avec cette procédure, les représentants du personnel auront ainsi accès aux comptes de l'entreprise et pourront prendre la mesure exacte de ce qui les attend. Quitte à commander leurs propres expertises financières. Les syndicats de la fonderie Alu craignent en effet que la faillite de Greensill entraîne la faillite de GFG alliance, et donc de Liberty, et donc des deux fonderies d'Ingrandes sur Vienne, entre autres, car la firme emploie au total 54.000 personnes à travers le monde.

Pire que le scenario catastrophe imaginé

Cela fait trois semaines que les mauvais augures s'accumulent au-dessus de l'Alu : Il y a trois semaines, les salariés apprenaient la baisse de la production des culasses HR10 d'ici à deux ans. La semaine d'après, que l'argent du PGE, prêt garanti par l'Etat, était bloqué sur les comptes de Greensill en Allemagne (18 millions d'euros) et là, hier : la faillite de la fameuse société financière justement. Ils s'attendaient à se retrouver en difficulté d'ici à 2023 à cause de la baisse des volumes de production, de l'absence de projets nouveaux et de la perte de certaines finances, mais ce qui se dessine-là est encore pire que le scenario catastrophe qu'ils avaient imaginé.

L'Etat pourvoira-t-il ?

Ce mardi le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, a assuré que "l'Etat serait derrière les salariés des sites industriels concernés indirectement par le dépot de bilan de la société de financement Greensill", à l'image d'Ascoval, d'Hayange ou de la fonderie alu de Dunkerque. Les salariés des Fonderies du Poitou Fonte et Alu espèrent bien en faire partie eux aussi le cas échéant.