L'intersyndicale CGT - CFE-CGC a annoncé exercer le droit de retrait des 292 salariés. Une décision prise à l'issue d'un échange houleux entre les salariés et Guillaume de Goÿs, directeur des opérations du groupe Liberty Alvance - GFG Alliance, sur le parking intérieur du site.

Liberty ne veut pas aller au-delà de 40.000 euros de supralégale

Cette rencontre intervenait quelques heures après l'annonce du dépôt de bilan du groupe financier Greensill, qui fait craindre des faillites en chaîne parmi ses clients.

Or, le principal client de Greensill se nomme... GFG Alliance, qui détient notamment, en France, l'usine sidérurgique d'Hayange en Moselle, l'aciérie Ascoval et la fonderie de Dunkerque dans le Nord, et les Fonderies du Poitou dans la Vienne.

Liberty "assez solide pour faire face" au dépot de bilan de Greensill ?

La santé des salariés "menacée", d'où le droit de retrait

A l'issue de cet échange, les salariés ont organisé un debriefing sur le parking extérieur. Le bilan est sans appel : la plupart ne digère pas la fin de non recevoir de l'employeur sur une réévaluation de la prime supralégale et n'est pas convaincue par les propos "rassurants" de Guillaume de Goÿs sur la situation fiancière de Liberty.

Une partie du personnel craint d'ailleurs, à court terme, une déclaration de cessation de paiement de l'entreprise... Qui annihilerait tous les accords (oraux) négociés jusqu'ici dans le cadre du plan social. A savoir, par salarié : 12 à 16 mois de congé de reclassement (avec salaire quasi intégral garanti), 5.000 à 7.000 euros de crédits de formation et 40.000 euros de supralégale.

A leur retour au travail, les salariés annoncent déjà qu'ils bloqueront les pièces

"Nous produirons les pièces mais aucune ne sortira de l'usine tant que Liberty n'aura pas garanti les fonds nécessaires au PSE."

Des menaces aussi sur la Fonderie Alu à court terme, selon la CGT Guillaume de Goÿs a aussi rencontré, dans l'après-midi, les salariés de la Fonderie du Poitou Alu. Il aurait, là encore, évacué tout risque de faillite de GFG Alliance.

Pourtant, à la sortie, le ton grave, Jean-Philippe Juin, élu CGT de l'entreprise, a exprimé ses inquiétudes "à très court terme" pour l'Alu : "La faillite de Greensill est le scénario catastrophe pour l'Alu. Il y a quinze jours, on pensait avoir deux ans devant nous pour engager une diversification, aujourd'hui, on peut craindre le dépot de bilan et la même fin que nos collègues de la Fonte."