La Nouvelle République - Il y a quinze jours, les salariés de la Fonderie Fonte avaient brandi la menace de blocage du site d’Ingrandes.

Ingrandes. Un haut dirigeant du groupe Liberty Alvance rencontre les salariés de la Fonderie Fonte ce mardi. Pour adresser quel message ?

Une journée cruciale, ce mardi 9 mars aux Fonderies du Poitou à Ingrandes.À la Fonte, direction et représentants des salariés ont rendez-vous pour une nouvelle réunion de négociation du Plan de sauvegarde de l’emploi, qui doit se traduire par la fermeture de l’usine en juin 2021 et le licenciement des 292 salariés.

« La situation peut rapidement déborder »

Pour la première fois depuis l’annonce du plan il y a quatre mois, un haut dirigeant de Liberty Alvance, Guillaume de Goÿs, sera présent physiquement. Le directeur des opérations du groupe a prévu, dans la foulée, un échange avec l’ensemble du personnel.

À ce stade, les salariés ont obtenu un congé de reclassement de 12 à 16 mois (avec salaire quasi intégral) et une prime supralégale de 40.000 €. Sur ce point, ils en veulent davantage. Liberty est-il prêt à aller au-delà ?

Les propos de Guillaume de Goÿs seront scrutés. Les salariés, rappelons-le, avaient brandi la menace d’un blocage du site il y a quinze jours. « La situation peut rapidement déborder », estime la CGT.

Le même jour, Guillaume de Goÿs doit rencontrer les salariés de la Fonderie du Poitou Aluminium, dubitatifs sur la capacité du groupe à dessiner un avenir à l’entreprise, alors que la production de culasses HR10 est annoncée déclinante à partir de 2022 (notre édition du 20 février).

Cette rencontre intervient dans la foulée des révélations de la presse financière européenne sur les déboires de la banque britannique Greensil, l’un des partenaires bancaires majeurs de Liberty Alvance selon la CGT des Fonderies. « Soupçonnée d’avoir tenu une comptabilité douteuse », Greensil « se rapproche de plus en plus de la faillite », affirme notamment Le Figaro.

Pour la CGT, « ces annonces ne laissent présager qu’une fin malheureuse » à tout le site des Fonderies du Poitou. De « vives inquiétudes » battues en brèche par le groupe Alvance.

Alu : Liberty rassurant

« Nos activités principales sont solides sur le plan opérationnel et nous progressons dans nos discussions avec les institutions financières qui peuvent nous aider à diversifier notre financement », écrit la firme dans un communiqué transmis vendredi à notre journal. Sur la question du Prêt garanti de l’État de 18 M€ accordé à l’Alu – « bloqué sur les comptes de la filiale allemande de Greensill » selon la CGT – le groupe déclare qu’il « répondra aux questions des partenaires sociaux » ce mardi.