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Le groupe Manoir Industries, qui emploie près de 500 personnes dans l'Eure, confirme dans un communiqué son placement en redressement judiciaire. Les salariés du site de Pîtres, dans l'Eure demandent "la recherche urgente d'un repreneur". Des salariés de Manoir Industries devant l'entrée du site de Pîtres, dans l'Eure, ce mardi

Après des salariés en fin de semaine dernière, c'est le groupe Manoir Industries qui annonce ce lundi le placement en redressement judiciaire de la plupart de ses filiales. Le groupe métallurgique, qui emploie près de 1 100 emplois en France et au Royaume-Uni, est notamment implanté dans l'Eure avec son site historique de Pîtres, qui compte 439 salariés, ainsi qu'avec sa chaudronnerie Agriandre de Conches-en-Ouche, qui emploie une quarantaine de personnes.

__C'était plus ou moins une issue inévitable - __ La rumeur du redressement enflait depuis des mois. Daniel Duché travaille sur le site depuis trente ans : "On a été pendant X temps avec un fonds de pension américain qui nous a pas mal pompés" dénonce le secrétaire du comité social et économique. Ensuite une entreprise chinoise a racheté Manoir Industries, "il a mis pas mal d'argent dans le groupe" reconnaît Daniel Duché. Mais depuis le nouvel actionnaire chinois CAM SCP qui lui a succédé n'aurait toujours pas versé les fonds promis, ce qui plombe la trésorerie du groupe. Les salariés l'assurent, le carnet de commandes est plein et le marché est là pour ce fleuron industriel français.

C'est un des seuls gros fondeurs qui reste en France, qui travaille pour le nucléaire et la pétrochimie. C'est tout un savoir-faire qui est dans les ateliers, on souhaiterait le conserver - Jérémy Grosdésir, délégué CFDT

Un mois pour trouver un repreneur Avec ces procédures de redressement judiciaire, l'objectif de Manoir Industries est "de continuer les recherches de repreneurs et permettre, le cas échéant, les reprises des sociétés en plan de cession (...) Plusieurs visites ont pu avoir lieu et des discussions sont engagées (...) avec des repreneurs potentiels ayant formulé des marques d'intérêt", selon le communiqué du groupe, consulté par l'AFP. Les salariés du site de Pîtres ont bien entendu quelques noms et avancent ceux d'une fonderie britannique qui fait partie d'un groupe néerlandais, un groupe chinois et le Français Fonderies de France.

Également impacté dans la commune, le maire de Conches-en-Ouche a réagi sur Twitter. Jérôme Pasco annonce que "le conseil municipal prendra une motion lors de sa prochaine réunion. Pour défendre l'emploi, l'avenir d'un site, pour ne pas voir démanteler un savoir-faire, une expertise, une technicité reconnue".

Invité ce mardi de France Bleu Normandie le secrétaire général de FO dans l'Eure David Lecomte a relayé l'inquiétude des salariés, ajoutant que 3 repreneurs se sont déjà manifestés.