En délocalisant en Espagne la fabrication du carter de son dernier moteur diesel, Renault "externalise aussi dans le même temps ses responsabilités sociales et fait faire à d'autres le sale boulot", regrette Fabien Gache. Invité de France Bleu Poitou ce lundi matin, le délégué central CGT au sein du constructeur automobile rappelle que l'Etat est premier actionnaire de la marque au losange.

Cette stratégie d'externalisation serait à l'oeuvre "depuis de nombreuses années", selon la CGT. "Et le problème, c'est que ce sont les salariés, et les populations en général, qui en paient le prix fort". A l'origine de la crise, la course effrénée à la rentabilité. "Renault le réaffirme clairement, des marges à deux chiffres sur chaque véhicule vendu".

Et le deuxième objectif, poursuit Fabien Gache, "c'est qu'en délocalisant, en faisant prévaloir quel les autres seraient moins chers, c'est une façon d'exercer une pression considérable sur les salariés français pour accepter, eux-mêmes, des conditions sociales archaïques comme on les connaît dans certains pays du monde."

L'enjeu des discussions qui s'ouvrent ce lundi concernent les conditions de départs des 292 salariés de la Fonderie Fonte, le montant des indemnités supra-légales de licenciement ou les propositions d'accompagnement et de reclassement. Si Renault a promis de "prendre sa part" dans le plan social, Fabien Gache se montre plutôt méfiant. "Alors attendez, déjà, sur le plan légal, Renault dit ne pas avoir à s'immiscer dans les négociations internes... Le constructeur va tenter de redorer son image auprès des salariés et de la population, mais le mal est fait. En continuant à se désengager dans l'outil industriel français, Renault participe, avec l'Etat, à l'appauvrissement de la filière automobile française, avec toutes les conséquences que l'on connaît".