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Lorsqu’en 1982 je la découvris, posée sur la plaine du Poitou, comme une cathédrale d’acier aux bardages immenses penchés et tendus vers le ciel, je fus saisi par la puissance qui s’en émanait. La France de 1982 était une France industrielle, pour chaque ingénieur qui sortait au moins trois postes lui étaient proposés. J’avais choisi Renault et sa filiale : Les Fonderies du Poitou.

Tout juste sortie de terre quelques mois auparavant elle avait été créée pour remplacer les fonderies vieillissantes de Boulogne Billancourt le fief historique d’un Renault en plein développement. Le département fonte m’accueillit quelques temps avant que l’attrait des culasses en aluminium n’orientât ma carrière à jamais.

C’est justement ce département fonte devenu société séparée du département aluminium par les aléas des changements d’actionnaires si fréquents qui voit aujourd’hui son activité condamnée.

On accusera la fin du diesel, on accusera le Covid, on accusera un process trop rigide.

Je ne peux m’empêcher de penser que c’est la fonderie la plus moderne d’Europe qui s’éteint aujourd’hui. C’est un gâchis incommensurable que nous payerons très cher et que nous commençons déjà à payer. La reprise ne se fera jamais sans l’industrie.

PATRICK BELLITY ESFF