la fonderie et piwi

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A Valence, un fabricant de crampons dopé par un penalty de Cristiano Ronaldo

msn sport _ Performance décuplée Le crampon de Smart Power, baptisé Profiler, ressemble à une griffe creusée de deux sillons, maximisant la «surface utile», et se décline de 8 à 21 millimètres en plastique, produit dans le nord de la France, ou en métal – made in China, faute d’avoir obtenu une réponse des fonderies hexagonales sollicitées, explique Stéphane Raymond. Son profil acéré peut être orienté en fonction des efforts que doit fournir le joueur. «Nos premiers utilisateurs ont été les avants en rugby et les gardiens de but de foot, qui sont moins en dynamique et plus en départ à l’arrêt», détaille Stéphane Raymond.

_«Une Ferrari avec des pneus de trottinette»__

Au commencement du crampon, était le «Miracle de Berne». En 1954, lors de la finale de la Coupe du monde de foot, l’Allemagne de l’Ouest l’emporte à la surprise générale face à la Hongrie, sur le terrain détrempé du stade suisse du Wankdorf. Les vainqueurs sont équipés d’Adidas à crampons en bois vissés, tout juste inventés par l’ingénieur allemand Adi Dassler, le fondateur de la marque aux trois bandes. Leurs adversaires doivent se contenter de semelles rigides de cuir à «boutons», propices aux gamelles. Depuis, rien ou presque n’a bougé : les crampons ont gardé leur forme conique originelle, le bois a laissé place au métal, parfois vissé, ou au plastique, moulé avec la semelle. Seule leur taille varie, selon le ballon joué (rond ou ovale), le poste occupé et l’état du terrain, donc de la météo.

A Valence, lentreprise Smart Power a mis au point des crampons «nouvelle génération».© Pablo CHIGNARD A Valence, lentreprise Smart Power a mis au point des crampons «nouvelle génération».

«Sur le marché de la chaussure de sport, c’est très difficile d’innover techniquement, pointe Stéphane Raymond. Le seul levier important, c’est le marketing.» Comprendre : pour vendre plein de godasses aux minots qui se rêvent triomphants devant les cages ou dans l’en-but, il faut avant tout proposer de jolis chaussants fuselés et colorés, portés les soirs de baraka par les idoles planétaires de la baballe, au prix de contrats de sponsor vertigineux. Le dessous de la pompe reste, lui, dans l’ombre. «C’est comme si on vous vendait une Ferrari avec des pneus de trottinette», résume un commercial de Smart Power, croisé dans un salon professionnel.

Stéphane Raymond, le patron de l’entreprise Smart Power,

La superstar portugaise de la Juventus de Turin a offert une exposition sans pareille au fabricant français, qui espère déjà pouvoir séduire des grandes marques et d'autres champions.

Il n’en revient toujours pas. Quand Stéphane Raymond a découvert, sur les réseaux sociaux, que Cristiano Ronaldo, lors du match de reprise du championnat d’Italie le 22 juin, a marqué un penalty avec «ses» crampons, le chef d’entreprise de 47 ans avoue avoir crié de joie pendant cinq minutes… L’antre austère du créateur d’un crampon vissé nouvelle génération, commercialisé sous la marque Smart Power, se trouve dans une zone d’activités de Valence (Drôme). A côté des étagères remplies de cartons et d’un petit établi couvert d’un tas de pièces en métal, la déco se résumait jusqu’alors à la photo, encadrée et agrandie sur son pied levé, du double champion du monde de rugby, le All Blacks Owen Franks, en action dans un stade. Il y a désormais aussi celle de la superstar portugaise de la Juventus. Stéphane Raymond n’aurait pu rêver meilleur influenceur pour vanter son invention.

Performance décuplée Le crampon de Smart Power, baptisé Profiler, ressemble à une griffe creusée de deux sillons, maximisant la «surface utile», et se décline de 8 à 21 millimètres en plastique, produit dans le nord de la France, ou en métal – made in China, faute d’avoir obtenu une réponse des fonderies hexagonales sollicitées, explique Stéphane Raymond. Son profil acéré peut être orienté en fonction des efforts que doit fournir le joueur. «Nos premiers utilisateurs ont été les avants en rugby et les gardiens de but de foot, qui sont moins en dynamique et plus en départ à l’arrêt», détaille Stéphane Raymond.

L’entrepreneur lorgne sur des centaines de millions d’utilisateurs potentiels, «265 millions de footballeurs, 9 millions de rugbymen dans le monde» précise-t-il. Sa promesse : une fatigue musculaire moindre pour une performance décuplée en course (testée sur l’AS Saint-Etienne, «42 centimètres gagnés sur 20 mètres») et en mêlée («jusqu’à 8% de poussée supplémentaire», mesurée au joug des équipes de rugby de Bourgoin-Jallieu et de Valence).

© Pablo CHIGNARD Au centre, une photo du joueur de foot Cristiano Ronaldo qui s’est équipé des crampons de l’entreprise Smart Power. Photo Pablo Chignard pour Libération

Diplômé en génie mécanique, Stéphane Raymond a été cadre chez Michelin durant douze ans, en bureau d’études avant d’en diriger la régie commerciale. Il a aussi dans les pattes dix-neuf ans de rallye automobile à bon niveau. Son dada, c’est l’adhérence. «Au rugby, un avant a beau être musclé, en mêlée, il ne peut pas transmettre la puissance s’il a de mauvais appuis», explique-t-il. Quand l’homme quitte Michelin en 2014, c’est avec une idée en tête : mettre son expérience du pneumatique au service du crampon. Une niche que les grands équipementiers sportifs semblent avoir jusque-là négligée.

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Stéphane Raymond sourit de la comparaison mais se garde d’insulter l’avenir. Au terme de deux ans de recherche et développement – «des millions de prototypes» conçus sur imprimante 3D –, sa trouvaille a été brevetée en 2016. Sa TPE de sept employés écoule aujourd’hui 200 000 jeux de crampons par an dans quinze pays. Pour un ticket de caisse allant de 15 à 25 euros la boîte. Alors, ce qui ferait envoler son business, c’est d’arriver à s’associer avec une grande marque pour vendre ses crampons «en première monte» – directement vissés sur la chaussure exhibée en magasin.

«Temps d’adaptation psychologique»

«Dans les boutiques, ça attire l’œil, la forme surprend, mais il faut un temps d’adaptation psychologique», observe Stéphane Raymond, qui espère signer bientôt un deal avec deux «grosses» marques dont il refuse de lâcher les noms. A tout hasard, citons Nike, l’habilleur de Ronaldo. En attendant l’engouement des équipementiers phares, Smart Power s’efforce de collectionner les ambassadeurs grâce au bouche-à-oreille : le Black Francks donc, et d’autres professionnels de haut niveau, dont les internationaux français Mathieu Bastareaud et Fulgence Ouedraogo, des joueurs du Super Rugby dans l’hémisphère sud et des footballeurs de Ligue 1.

Stéphane Raymond, qui se dit «très sensible au sport féminin», souligne au passage que Smart Power équipe déjà «quasiment toute l’équipe féminine de France de rugby» : «Les filles ont moins une culture sportive monolithique, elles sont plus pragmatiques.» Impression de déjà-vu : une pub pour grosse cylindrée, décor de route sauvage, zoom sur les pneus qui collent à la route. Au poste de pilotage, plan serré sur… une nana, sûre de ses appuis.

Commentaires

1. Le dimanche, 4 octobre 2020, 18:00 par ppc

les fondeurs Français n’ont pas répondu

à Lire dans cet article. Il n’est peut être pas trop tard dans ce monde de commerce perturbé ??

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