Nous sommes en train de faire face à la crise de toute la filière aéronautique. Nous travaillons à 85 % pour l’aéronautique et nous sommes impactés de plein fouet. Il n’y a qu’à lever les yeux pour voir qu’il n’y a pratiquement plus de traces d’avions dans le ciel. J’avais communiqué début août auprès des élus et représentants de l’État pour dire que l’on avait répondu à un appel à manifestation d’intérêt dans le cadre du plan de relance aéronautique. 300 millions d’euros vont être consacrés à la modernisation de la filière. Et nous avons deux projets susceptibles de faire l’objet de subventions?! C’est l’occasion de les présenter au secrétaire d’État.

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Quels sont ces projets ? Le premier est un projet de numérisation dans l’industrie type 4.0. On voudrait acheter une machine pour faire de l’impression 3D sable. C’est une imprimante qui permet de fabriquer des parties de moule en sable avec de la résine. Nous en avons déjà une mais on en souhaite une de plus grandes dimensions pour aller sur de nouveaux marchés. Notamment chez les constructeurs de moteurs d’hélicoptère en Amérique du Nord, au Canada.

Le deuxième investissement consiste à moderniser une installation pour régénérer notre sable de fonderie. Pour cela, il faut brûler la résine. Nous avons un four qui date de 1992 et nous avons intérêt à moderniser cette installation pour émettre moins de polluants. C’est un projet pour l’environnement et la compétitivité.

La crise a-t-elle affecté vos effectifs ?

Avant le Covid, on était 365 avec les intérimaires (70). A fin juin, on était autour de 300. J’ai supprimé beaucoup d’intérimaires et pas remplacé les départs en retraite.

Avez-vous encore recours au chômage partiel ? Bien sûr et il vaudrait mieux que la mesure dure le plus longtemps possible car la filière ne va pas sortir la tête de l’eau avant 2024. Les pièces que l’on réalise de moteurs d’avion et de structure sont celles qui sont impactées par la crise de l’aéronautique. Heureusement, il me reste des parties d’activité dans le ferroviaire et dans la défense mais ça ne suffit pas pour compenser les pertes?!

Quel avenir à moyen terme ? Quand bien même on a du chômage partiel, on est obligé de passer par une réduction des effectifs. La chute de notre chiffre d’affaires est plus importante que la réduction des intérimaires. Il faudra certainement que je mette en place un dispositif de départ en préretraite. Je fais tout pour éviter un PSE.

L’enjeu, au-delà de réduire la voilure, c’est de disposer des ressources qui auront le savoir-faire quand l’activité va redémarrer. Je sais de quoi je parle car j’avais un carnet de commandes plein à craquer ces trois dernières années et j’avais toutes les peines du monde à recruter. Il ne s’agit pas de se retrouver dans la même situation quand ça va repartir. Je ne descendrai pas en dessous d’un certain seuil de CDI. Le but sera de préserver le savoir-faire par le chômage partiel de longue durée.

Visite ministérielle.

Le secrétaire d’État à la ruralité Joël Giraud visitera ce vendredi 4 septembre, en début d’après-midi, l’usine Constellium à Ussel. Joël Giraud se rendra également au Pôléco d’Ussel, ouvert en janvier dernier, qui réunit tous les services économiques de haute Corrèze pour favoriser les démarches des porteurs de projet. Le matin, il passera par Treignac, capitale corrézienne du canoë-kayak, où il visitera la maison de santé et la station sport nature des Bariousses. Le secrétaire d'État doit rencontrer également à Ussel le président de la Chambre d'agriculture, la fédération des Bistrots de pays et l'association des maires de la Corrèze.