Il y a une vingtaine d'années, l'ouvrage Hauts-de-Seine, berceau de l'automobile présentait Clément-Bayard comme une marque du 92. Une vision que les Ardennais ne peuvent admettre puisqu’ils la considèrent comme un pan du patrimoine industriel du département.

Si elle fut bien fondée à Levallois en 1891 par Adolphe Clément, l'entreprise prit le nom de Clément-Bayard en 1903. La reproduction de la statue du chevalier devient l'emblème de la société et orne le capot de ses voitures. Si l'usine mère était donc bien située à Levallois-Perret, l'importance des Ardennes dans cette saga industrielle et technologique est indéniable.

Mabec, des motoculteurs d’une grande robustesse

En 1981, MABEC, une branche de la société Clément-Bayard, fabrique 1 500 motoculteurs et motohoues « de plaisance » pour les particuliers, mais aussi des matériels professionnels. Le plus petit modèle est la motohoue R 545 disposant d’un moteur de 186 cm3. Le motoculteur classique, le « vrai » MABEC, est le CB 500. Il existe en 4 versions et dispose d’une boîte de vitesses avec marche arrière. Il peut entraîner entre autres une faucheuse frontale ou un rotoculteur. La gamme est complétée par des motofaucheuses et des débroussailleuses achetées à l’extérieur.

La fabrication entre dans l’ensemble Clément-Bayard. MABEC dispose d’un atelier particulier où les matériels sont produits intégralement à l’exception des moteurs, des pneus et des outils attelés. Fin 81, 45 des 300 salariés que compte encore l’usine consacrent leur activité aux motoculteurs. Un réseau de 120 concessionnaires couvre pratiquement la France entière pour toucher les professionnels, maraîchers, vignerons, arboriculteurs et les particuliers. En 2017, un collectionneur ardennais, Michel Colleaux nous avait présenté sa collection de motoculteurs Staub et MABEC, devenue sa filiale.