la fonderie et piwi

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l'ex-patron des Fonderies du Poitou milite pour une réintégration dans le groupe Renault

Hugues Gissler a dirigé les Fonderies du Poitou (2000-2002) puis la Fonderie Alu (2002-2006).

La Nouvelle République - Hugues Gissler, qui a occupé de hautes responsabilités aux Fonderies du Poitou entre 1989 et 2006, s’exprime sur les difficultés du site d’Ingrandes.

Quel regard portez-vous sur la situation des Fonderies du Poitou ?

Hugues Gissler : « Les principaux acteurs, Renault en particulier, semblent sur la lancée d’une réflexion qui remonte à plusieurs années. N’est-ce pas le moment d’insuffler un peu de nouveauté et d’appliquer un schéma stratégique en phase avec le monde d’aujourd’hui, la crise du Covid, l’éruption de l’écologie… ? » Vous citez en premier lieu Renault. Pourquoi ? « Les Fonderies du Poitou et tous les process encore en place ont été créés par Renault, le site a fait en sorte, en particulier lors de la montée du diesel, que le constructeur garde toutes ses parts de marché… Il y a des liens extrêmement forts. » Renault a une responsabilité forte dans les difficultés des Fonderies ?

« Je respecte beaucoup Renault, mais en terme d’externalisation, il y a un point d’équilibre à ne pas franchir. Renault, en terme de politique achats, a préféré faire appel a des fournisseurs soit étrangers, soit français ayant des implantations dans les pays de l’Est. Or, une fonderie, c’est beaucoup de frais fixes, de gros investissements, dy développement… Si vous divisez les volumes par deux, le business modèle éclate. »

Que doit faire Renault ? Réintégrer les Fonderies en interne ? « Il faut y réfléchir. Avoir une fonderie en interne est un boulet ? Au contraire, ça peut avoir d’énormes avantages. PSA l’a fait avec succès en maintenant la fonderie de Charleville-Mezières. En fabriquant vos propres culasses, un produit hautement technologique, vous préservez un savoir-faire très technique, vous sécurisez les approvisionnements (pas négligeable dans la crise actuelle), vous repérez les difficultés et vous maîtrisez les prix de revient. C’est une arme très efficace pour négocier des prix. »

Vu sa situation, Renault en a-t-il les moyens ? « C’est un détail. Les grands enjeux de Renault sont ailleurs et se comptent par milliards : la voiture électrique, un renouveau au niveau du design, le “ pricing power ”… Quelque soit la solution qu’il va choisir pour les Fonderies, personne ne croira que ça peut, ou bien sauver Renault, ou le faire chuter. Avec le nouveau directeur général, Luca de Meo, à la fois un commercial et un industriel, on peut espérer des modes de pensée différents. » Diversifier l’activité des Fonderies, c’est une solution ?

« Il ne faut pas trop rêver. Les process des Fonderies, mis en place par Renault, sont très complexes et permettent difficilement de faire autre chose. Ceci dit, à une époque, l’Alu a fabriqué la culasse Prince pour PSA, avec des volumes qui pesaient 25 % de la charge totale. En clair, diversifier pour faire d’autres culasses pourquoi pas. Au delà, des modifications des process seront si importantes que je crains que ça ne vaille pas le coup. »

Vous ne parlez pas de la Fonderie Fonte. Parce que l’avenir de celle-ci est compromis ? « Je connais moins cette partie mais dans des grandes proportions, tout ce que j’ai dit sur la culasse vaut aussi pour le carter. La stratégie d’une entreprise consiste à prévoir les évolutions et à faire en sorte qu’on s’y adapte de façon progressive. » On a l’impression que l’État est impuissant… « Je pense qu’il hiérarchise. L’industrie française, c’est un peu comme le football. Vous avez la première division (les constructeurs), la deuxième (les fournisseurs de rang 1), etc. L’État surveille Renault comme le lait sur le feu mais je pense qu’il surestime le handicap que représenteraient les Fonderies pour un constructeur d’une telle puissance. »

Quels souvenirs gardez-vous de vos années aux Fonderies ? « Le souvenir d’un potentiel à la fois technique et humain impressionnant. Des cadres extrêmement motivés, des techniciens hors pair, des ouvriers fiers d’être fondeurs, rendant des services impeccables à Renault, avec des prix de vente inférieurs aux autres. De l’extérieur, j’ai un peu de mal à comprendre l’évolution. » On pourrait vous rétorquer : « Vous parlez d’une époque révolue ». « Pourquoi alors y a-t-il toujours une fonderie de 2.000 personnes chez PSA ?

Rien ne serait pire que de s’apercevoir a posteriori qu’on a réglé ce dossier avec une grille de lecture obsolète. » curriculum vite fait

Hugues Gissler, 66 ans, exerce le métier de consultant dans les domaines de l’aéronautique et des assurances. Entre 1989 et 2006, il a occupé diverses responsabilités au sein des Fonderies du Poitou à Ingrandes. Son parcours est le suivant :

1989-1995 : directeur financier des Fonderies du Poitou (alu et fonte). 2000-2002 : président des Fonderies du Poitou (alu et fonte). 2002-2006 : P-DG de Fonderie du Poitou Aluminium.

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