Cette activité lui rapporte quelque 2 milliards d'euros par an. Il est à 95 % issu d'hydrocarbures comme le gaz naturel, et commercialisé auprès d'industriels, en particulier dans le raffinage où il permet de retirer le soufre des carburants. Le groupe développe d'autres usages, pour le chauffage et la mobilité. Sa filiale Hype (avec Toyota, Idex et Kouros) opère ainsi une flotte de taxis hydrogène en Ile-de-France.

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Chez Engie, « notre credo, c'est l'hydrogène renouvelable », expose Gwenaëlle Huet, directrice générale adjointe de l'énergéticien. Le groupe français vise « quelques gigawatts » de capacités de production par électrolyse en 2030. Dans l'immédiat, il travaille sur « une trentaine de projets ». En Australie, Engie veut fournir de l'hydrogène issu d'électricité solaire au producteur d'engrais Yara. A Dunkerque et à Fos-sur-Mer, GRTgaz et GRDF , filiales d'Engie, testent l'injection d'hydrogène « vert » dans le réseau gazier français.

EDF et Total sont également dans la course. L'électricien a créé l'an dernier une filiale dédiée à l'industrie et à la mobilité, Hynamics, et il a pris une participation de 22 % dans l'entreprise française McPhy , concepteur, fabricant et intégrateur d'équipements hydrogène. Le pétrolier, de son côté, déploie des stations de recharge pour les véhicules en Allemagne au travers du consortium H2 Mobility, dont il est membre. Il vient d'ouvrir sa première station hydrogène en France, au Mans.

Constructeur et équipementiers auto Les industriels de l'automobile misent eux aussi sur cette technologie. Devancés par les pionniers Toyota et Hyundai avec leurs Mirai et Nexo, les constructeurs français Renault et PSA ont commencé plus récemment à investir dans l'hydrogène. Renault a équipé plusieurs centaines de Kangoo électriques de piles à hydrogène permettant d'en prolonger l'autonomie, et PSA, qui a trouvé chez Opel un savoir-faire en la matière, a annoncé une flotte de plusieurs milliers de véhicules utilitaires à hydrogène.

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Les équipementiers, de leur côté, y croient dur comme fer. Michelin et Faurecia ont pris le contrôle à parité de Symbio , un fabricant de piles à combustibles créé en 2010, dont l'usine près de Lyon doit ouvrir en novembre. Investissement : 140 millions d'euros. Faurecia travaille aussi sur les réservoirs et vient de décrocher un gros contrat pour équiper des camions de Hyundai. Plastic Omnium, qui a investi 200 millions d'euros dans cette technologie, va, lui, équiper en réservoirs 5.000 bus d'un constructeur allemand. Il travaille également sur la pile à combustible, afin de limiter le recours au platine et réduire les coûts.

Enfin, dans le ferroviaire, Alstom joue les leaders avec son Coradia iLint, « le seul train à hydrogène à être déjà en exploitation commerciale », s'enorgueillit le groupe. Si la technologie a été mise au point sur le site de Tarbes, les rames sont fabriquées sur celui de Salzgitter, en Allemagne, pays où deux régions ont déjà passé commande de 41 exemplaires .

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D'autres ventes se profilent aux Pays-Bas et en Italie. Des discussions sont également en cours en Espagne, dans les pays nordiques ou encore en Californie. En France, la SNCF dit vouloir être « le fer de lance des trains à hydrogène », mais les discussions avec les régions (qui financent les commandes de trains) pour finaliser une commande groupée traînent depuis deux ans.