Dans le détail, la capacité de production dans le monde sera ramenée de 4 millions de véhicules à 3,3 millions, sur la base de deux équipes. Comme attendu, la France sera particulièrement concernée . L'avenir de l'usine de Dieppe (Seine-Maritime) sera conditionné à celui de l'Alpine 110, lorsque cette voiture arrivera en fin de vie. Sa production est aujourd'hui de 7 par jour. Les Fonderies de Bretagne, à Caudan (Morbihan), seront cédées, si le groupe trouve un repreneur. Quant aux activités à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), elles seront transférées à Flins (Yvelines).

Sans départs forcés L'usine de Flins, où sont produites la Zoe électrique et la Nissan Micra, perdra, de son côté, l'activité d'assemblage de véhicules lorsque la Zoe actuelle arrivera en fin de vie, en 2023 ou 2024. Elle sera appelée à devenir un centre d'économie circulaire, d'ingénierie et de prototypes. Son effectif de 2.600 salariés tombera à 1.600, à terme. Cette réduction se fera au fil des départs naturels, via les départs en retraite, les démissions ou les mutations.

Après avoir perdu 6 milliards d'euros, Nissan s'impose une brutale cure d'amaigrissement

Le transfert envisagé de la production automobile de Maubeuge à Douai, dans le Nord, pour ne conserver à Maubeuge que la production mécanique, est encore en suspens. Emmanuel Macron a annoncé son intention de réunir partenaires sociaux et élus locaux lundi pour s'assurer que l'avenir des salariés serait garanti. Renault souhaite optimiser la production entre ces deux usines très proches.

Ailleurs dans le monde, les projets d'extension et les investissements prévus au Maroc et en Roumanie seront suspendus, et certaines activités mécaniques seront rapatriées de Turquie. __ Ingénierie pléthorique__ L'ingénierie, aujourd'hui pléthorique, sera elle aussi largement rationalisée. Le Technocentre de Guyancourt (Yvelines), qui emploie 11.000 salariés, verra son effectif réduit de 1.500 personnes environ. Le nombre de prestataires sera ramené de 8 à 4. Renault s'appuiera sur la France pour sa R & D à forte valeur ajoutée, et sur ses centres dans des pays à bas coûts, comme la Roumanie, pour le reste. Les suppressions de poste dans l'Hexagone concerneront pour moitié des cadres et ingénieurs, et pour moitié des ouvriers, sans aucun départ contraint.

Renault : les premières pistes d'un plan d'économies à 2 milliards d'euros

Au total, Renault entend ainsi économiser 2 milliards d'euros, soit 20 % de ses coûts fixes. De quoi repartir sur de bonnes bases pour l'arrivée du nouveau directeur général : Luca de Meo , qui doit entrer en fonction le 1er juillet, devrait présenter dès l'automne un plan produits à moyen terme, détaillant les modèles sur lesquels la firme au Losange s'appuiera pour rebâtir son avenir.