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Remède de cheval pour Renault

David Barroux - Renault, qui allait mal avant la crise sanitaire, n'a pas d'autre choix que de se restructurer. Mais la France ne doit pas être la seule variable d'ajustement de l'exercice de rigueur qui s'annonce.

On ne soigne pas un grand malade avec des remèdes homéopathiques. Déjà très fragile avant la crise du coronavirus, Renault pourrait être emporté par une pandémie dont nous ne pouvons pas encore mesurer pleinement l'ampleur du contre-choc économique. Seule certitude, les mois et les années qui viennent s'annoncent mortels pour l'automobile. Et ceux qui sont rentrés affaiblis dans cette tempête pourraient bien être les premières victimes du long hiver automobile qui se dessine.

Tailler dans les usines Pour avoir une chance de s'en sortir, la firme au losange va devoir se restructurer comme elle avait prévu de le faire avant la crise et durcir encore plus un remède de cheval qui s'annonçait déjà douloureux. L'équation est simple : engagé dans une course aux volumes, l'Alliance Renault-Nissan était construite pour fabriquer 14 millions de véhicules par an sur un marché qui en 2022 devait, selon les experts, tourner autour de 100 millions de voitures vendues. Mais vue l'évolution de la demande et de sa part de marché, le tandem franco-japonais vendra sans doute bien moins de 10 millions d'unités sur un marché qui pourrait ne pas dépasser 75 millions de véhicules !

A Yokohama comme à Boulogne, l'heure est donc à la réduction drastique des capacités de production. Si Renault, Nissan et leur nouvel allié Mitsubishi ne taillent pas très vite dans leur outil de production, ils mourront étouffés sous une montagne de coûts fixes.

Sauver l'essentiel En cette période de guerre sanitaire et économique, il est primordial que toutes les parties prenantes, des syndicats au gouvernement, en passant par les élus locaux et la direction du groupe, forment une union sacrée et admettent que chacun va devoir consentir à des sacrifices sur l'emploi, les sites industriels ou les dividendes, afin que, en ne sauvant pas tout ou tous, on puisse tout de même sauver l'essentiel.

Au nom de cette logique, on peut admettre que l'usine de Flins soit condamnée pour sauver celle de Douai . On peut entendre que Renault veuille revoir sa carte industrielle hexagonale ; qu'il ferme un site tournant à vide pour « charger » plus un autre, qui serait, sinon, lui aussi menacé. Mais Renault qui va bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat et du plan de relance automobile doit aussi tout faire pour que les efforts de la collectivité ne soient pas vains. Le groupe veut tourner la page de la stratégie des « volumes » de Carlos Ghosn, pour passer à une autre plus axée sur la valeur. Il faut avoir l'assurance que la France ne sera pas la seule variable d'ajustement de cet indispensable virage stratégique, et qu'elle sera aussi en position de bénéficier d'un retour sur investissement si ce nouveau départ porte ses fruits.

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