la fonderie et piwi

Le blog de l'amicale AAESFF

Pour ne rien dire, ou presque, Pour ne pas s’envoler dans le commentaire, Pour rester à la confluence du savoir et de l’ignorance : au pied du mur. Montrer : comment c’est , comment ça se passe, comment ça marche. Diviser les discours par des faits, Les idées par des gestes, par des photos Juste les commenter quotidiennement

Logo AMF 1-6-16 logo cavenaghi Logo BMF 5-10-18 Logo JML oct 2018 Logo Elkem 1-6-16



Visiteurs : 165067
Aujourd'hui : 697
En ligne : 8

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Sauver nos usines

David Barroux -

La France rêve de relocalisation. Admettons déjà que, si notre pays s'est désindustrialisé, ce n'est guère la mondialisation qu'il faut accuser. Et fixons-nous une stratégie ambitieuse mais réaliste. Ne rêvons pas d'autarcie.

On n'attire pas les usines avec des mots et des menaces mais avec des faits et des gestes. En pleine crise sanitaire et économique, la France, puissance industrielle déclinante, a constaté avec effroi qu'elle était totalement dépendante de l'étranger pour certaines fournitures essentielles comme les masques ou des médicaments. Il n'en fallait pas plus pour que certains exigent d'un gouvernement qui distribue des milliards pour éviter un naufrage de nos entreprises qu'il conditionne ces aides à des promesses de relocalisation .

Avant de s'apitoyer sur leur sort, les Français devraient d'abord reconnaître que la désindustrialisation n'est pas une fatalité. De l'Allemagne à la Suisse en passant par Singapour, des pays développés et parfois accolés à la Chine, ont su conserver leurs usines. Et l'Europe dans son ensemble est exportatrice nette de produits manufacturés. Le problème ce n'est pas la mondialisation. C'est la France.

Le mythe de l'autarcie

Plutôt que de rêver d'une nation vivant en autarcie, nos concitoyens devraient aussi reconnaître que notre priorité ne doit pas être de produire des milliards de masques 20 à 40 % plus chers que ceux venant de Chine. Un Etat stratège doit surtout savoir anticiper, constituer des stocks de précaution, acheter vite et bien dans l'urgence et être capable de mobiliser ses industriels en cas de besoin. Si nous cherchions à tout produire chez nous, nous payerons tout beaucoup plus cher et nos partenaires commerciaux arrêteraient de nous acheter le moindre produit. Nous serions perdants.

Il n'en reste pas moins vrai que la France peut et doit faire plus pour essayer d'attirer des usines et les emplois qui vont avec. Pour relever un tel défi, il faut commencer déjà par tout faire pour préserver ce qui reste de notre tissu industriel . Evitons aussi d'envoyer aux Amazon et Renault de ce monde des signaux négatifs en fermant leurs sites pour des raisons qui semblent plus de forme que réellement sanitaires.

Les usines de demain

Fixons-nous des ambitions réalistes et une stratégie. La France ne fera pas revenir les usines déjà parties. Il faut essayer d'attirer les futures qui vont se bâtir sur de nouvelles technologies pour répondre à de nouveaux besoins. On ne va pas fabriquer ici des Logan d'hier. On peut y assembler la voiture électrique de demain.

Enfin, il faut poursuivre la politique de baisse des charges, l'investissement dans la formation, l'innovation et nos infrastructures, qui représentent nos avantages comparatifs. Luttons aussi contre notre bureaucratie et nos normes envahissantes. Et il conviendra d'associer nos partenaires européens dans la vision d'une Europe moins naïve, défendant un commerce ouvert mais équitable et plus soucieux de l'environnement.

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet