On n'arrête pas de ramer depuis deux ans. Et voilà ! On est dans le dur une nouvelle fois ! Jean-Philippe Juin, le délégué CGT de l'entreprise ne cache pas son amertume. L'horizon s'obsurcit à nouveau pour les Fonderies Alu et dans une moindre mesure pour le côté Fonte. L'actionnaire, Liberty House qui a racheté les deux entreprises il y a un an, n'apporte pas les sommes promises et c'est maintenant la survie des Fonderies Alu qui est en jeu.

Les volumes d'activité en mai devaient être de 30.000 pièces, ils viennent d'être revus à la baisse, avec seulement 13.000 pièces. Et ce n'est pas suffisant pour garantir la trésorerie. Liberty House devait injecter deux fois 1,5 millions d'euros. Le premier versement a bien eu lieu, mais pas le second. En début de semaine encore, 650.000 euros devaient arriver, mais rien ne s'est passé.

Liberty House, c'est une coquille vide, ils nous promettent des millions, et il n'y a jamais rien qui vient.

- Jean-Philippe Juin, délégué CGT Fonderies Alu

La crise sanitaire et le confinement mis en place le 17 mars n'ont pas arrangé les choses. Les intérimaires ont été remerciés, et les salariés ont été mis au chômage partiel. Du 17 mars au 27 avril. Puis le travail a repris de façon progressive, mais deux nouvelles semaines de chômage partiel sont prévues à partir du 18 mai. Renault, le principal donneur d'ordres, subit aussi les conséquences de l'arrêt de l'activité. Et même si le constructeur automobile assure encore quelques commandes aux Fonderies Fonte, il ne fait plus beaucoup travailler la partie Alu. Le directeur du site a fait une demande de prêt garanti par l'État auprès de la banque pour un montant de 10 millions d'euros, si le prêt n'arrive pas avant le 15 juin, les salaires de juin ne seront pas payés et l'entreprise sera en cessation de paiement.

La CGT a alerté les élus et la secrétaire d'État à l'Économie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher qui était venue sur le site d'Ingrandes le 26 avril 2020.