Nicolas Barré -

Il y a quelque indécence à égrainer les platitudes sur le « monde d'après » alors que le péril est imminent. Indécence également à prétendre défendre le travail tout en bloquant sa reprise, comme la CGT chez Renault .

Nous faisons face à la plus grave crise économique et sociale depuis plusieurs générations. La production a chuté d'un tiers, un effondrement séculaire. Des millions d'emplois vont être balayés dans tous les pays. Déjà un demi-million chez nous. Plus de 20 millions aux Etats-Unis !

La crise sera un séisme pour toutes les sociétés, pour les démocraties comme pour les régimes autoritaires. Les équilibres du monde en seront secoués. Des centaines de milliers de jeunes vont se fracasser dès la rentrée sur un marché du travail fermé. Des salariés qui pouvaient raisonnablement compter sur la stabilité de leur emploi vont voir celui-ci menacé.

L'urgence va être de maintenir la cohésion de nos sociétés, de répondre à cette angoisse qui tenaille des millions de salariés, d'indépendants, d'entrepreneurs. Faut-il que le présent soit douillet, ou être aveugle au sort de ceux qui se trouvent à notre porte, pour ne songer qu'à « l'après »…

Après la sidération du confinement, ce 11 mai marque le début d'un redressement qui sera long.et une certitude, celle de « l'appauvrissement général qui va intervenir ».

Les crises, comme les guerres, ont leurs profiteurs. Les générations futures nous jugeront sur la manière dont nous aurons relevé le défi qui nous attend. A nous de faire de ce 11 mai le jour où la France est repartie.