la fonderie et piwi

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« J’en ai fait, des carters Renault » à la FASS à Saint Satur

Le Berry Républicain -

« On était soixante-douze, à la fin, mais il y a eu jusqu’à trois cent quatre vingt personnes », se remémorent les deux ex-Fass, tout en parcourant le chemin qui mène à l’usine. Le temps de livrer quelques souvenirs, ils ont franchi la porte qui s’est close définitivement il y a onze ans. Ils n’ont pas oublié ce jour. « On a été cinq à bénéficier d’une préretraite, les autres ont été licenciés. » Annie Bonnard a travaillé dans l’usine « pendant trente-sept ans et demi ». Elle était opératrice. Daniel Depege, lui, y a œuvré douze ans comme chef d’équipe, dans le même atelier, après avoir longtemps exercé dans d’autres fonderies, à Montluçon. « J’étais au noyautage, là où on faisait les noyaux en sable qui servaient à mouler les pièces », décrit l’ancienne ouvrière, en désignant d’un geste l’endroit où s’alignaient les machines sur lesquelles elle s’appliquait. Elle n’a pas oublié la température qui régnait là. « La fonderie, ce n’était pas une profession facile.Aujourd’hui, l’usine est devenue une friche industrielle.




Quand on sortait, il fallait aller prendre une douche. Et il faisait très chaud. Il pouvait faire jusqu’à 45 °C l’été. Mais quand on est jeune, on s’habitue… » « J’en ai fait, des carters Renault », assure la retraitée, dans un sourire. Ici, on produisait des pièces de moteurs, de compresseurs, des tubulures... Implantée là en 1920, l’usine était devenue une filiale du constructeur automobile en 1974. C’était avant de passer dans le giron du groupe Kelsey Hayes, puis de Two Cast. Patrimoine Deux anciens salariés des fonderies Fass de Saint-Satur sont retournés dans l'usine témoignages

Deux anciens salariés des fonderies Fass de Saint-Satur sont retournés dans l'usine témoignagesAnnie Bonnard et Daniel Depege se rappellent encore de la chaleur de leur atelier. © Vincent MICHEL

Installées depuis 1920, les fonderies de Saint-Satur ont fermé définitivement en 2009. Deux anciens salariés livrent leur témoignage. Depuis longtemps, les fonderies sont désertes. Le vent fait claquer les portes et chante dans la toiture trouée qui un peu partout laisse passer la pluie. Mais aujourd’hui encore, des années après la fermeture de l’usine, l’odeur tenace du métal imprègne les ateliers vides.

On les appelait les Fass, les Fonderies et ateliers de Saint-Satur. Le site industriel a cessé son activité en 2009. Liquidé. Le point final d’une histoire qui a commencé il y a cent ans cette année. Annie Bonnard et Daniel Depege se souviennent bien du temps où il était une fourmilière fumante. Depuis sa fermeture, chaque semaine, les deux anciens salariés viennent faire à pied le tour des sept hectares et demi de l’usine. Ils font partie des derniers à avoir travaillé en ces murs. __Aujourd’hui, c’est un bien sans maître. __ Fonderies Fass : sept ans après la fermeture, que sont devenus les salariés ?

Un projet d'exposition consacré aux anciennes fonderies de Saint-Satur Ateliers vides De porte en porte, les images reviennent dans les yeux des deux salariés. « Là c’était l’ébarbage, où on assurait la finition des pièces. » Plus loin, « la qualité, qui vérifiait si elles étaient bonnes », le modelage, les livraisons... Les vitres de l’infirmerie sont brisées. Sur un mur de parpaings, esseulées, des consignes de manutention sont encore affichées.

Dans l’atelier où travaillaient Annie Bonnard et Daniel Depege, les machines ont disparu. Comme dans tous les autres. Il n’y a guère plus que les fosses, dans lesquelles était récupéré le sable, à être toujours en place. « Le matériel a été vendu aux enchères », notent les deux retraités. Une fin qui laisse un goût toujours amer… « Two Cast est venu prendre le savoir-faire. Et est reparti… »

Pourtant, un vestige demeure toujours en place. C’est le cubilot. Le fourneau vertical dans lequel était préparé le métal en fusion. Sa cheminée de 35 mètres de hauteur domine encore les toits. « La fonte sortait à 1.400 °C, explique Daniel Depege, devant le monstre refroidi, rouillé. Il était alimenté avec du coke, une sorte de charbon. Aujourd’hui, c’est tout ce qui reste. »

Vincent Michel

Photographies et témoignages pour « faire revivre » l’usine

Les membres d’Amag’art ont entrepris de collecter la parole des ouvriers des fonderies de Saint-Satur.

Témoignages, photographies, documents... L’association culturelle qui anime le café de l’Union, rue Hilaire-Amagat, travaille à retracer le passé des fonderies de Saint-Satur. Son idée : marquer le centenaire de l’installation de l’usine. Un événement est prévu le 6 juin, au centre socioculturel Guy-Poubeau. À cette occasion, une exposition présentera au public des images du site tel qu’il est aujourd’hui, devenu une vaste friche industrielle (voir ci-dessus) et auquel le photographe gordonien Pierre Mérat, membre d’Amag’art, a consacré un reportage. Des portraits d’anciens des fonderies, aussi, photographiés à l’endroit où ils travaillaient.

Les mots des anciens salariés viendront renforcer les visages. Amag’art a lancé un appel à ceux qui seraient prêts à parler de leur travail, de leurs journées, et a déjà interrogé plusieurs d’entre eux.

Une conférence sur le passé industriel de la commune sera également organisée, en partenariat avec le Liger-club du Sancerrois. Après le 6 juin, l’exposition devrait être accrochée sur le site même des fonderies, avenue de Verdun.

« À travers ce rendez-vous, nous souhaitons faire revivre cette usine et la faire connaître, car c’était le poumon de l’industrie de notre ville, de notre territoire, et même du territoire voisin, la Nièvre, soulignent les membre de l’association. Elle est importante pour l’histoire, mais aussi d’un point de vue social. Beaucoup de monde y a travaillé. »

Témoins. Les anciens des fonderies qui souhaiteraient confier leur témoignage peuvent contacter l’association au 06.63.22.76.34.

Commentaires

1. Le mardi, 11 février 2020, 12:06 par Max

Daniel Depège, promo BTS à Vierzon 1970 - 1972 que je salue ici avec toute la promo
et entre autres son pote de Montluçon Bonnichon, Faubert, Lacroix, et tous les autres sans oublier le regrété Lapeyre

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